L'Île Jeanty s'est mobilisée via la poésie pour Florence Cassez, « soldat d'une sale guerre »
La boucle a été bouclée mercredi après-midi au lycée de l'Île Jeanty. ...
Après avoir ouvert officiellement le Printemps des poètes dunkerquois le 14 mars, l'établissement a clos l'événement, restituant devant les parents de Florence Cassez le travail mené en soutien à la jeune femme emprisonnée au Mexique.
Quatre séances de travail ont réuni lycéens (deux classes étaient associées au projet) et habitants du quartier (via la maison de quartier) de l'Île Jeanty en mars. « Un travail intergénérationnel intéressant », mené entre autres par Hervé Leroy, de la Maison de la poésie du Nord - Pas-de-Calais. Bouts de textes, poèmes, l'ensemble sera envoyé à Florence Cassez. Une bonne nouvelle pour ses parents présents mercredi. "J'étais au Mexique il y a quinze jours. Florence venait de recevoir un recueil de poésie, ça lui a fait beaucoup de bien de le lire."
Des manifestations de soutien de ce type se multiplient d'ailleurs dans la région.
« Injustice »
Mercredi à Dunkerque, ce sont les mots qui ont résonné : « cauchemar, enfer, enfermement, injustice. » Les lycéens ont expliqué leur initiative : « Écrire pour que Florence se sente moins seule, écrire pour tapisser d'espoir les murs de sa cellule. » Des mots importants pour les parents de la Nordiste. « On a l'impression aujourd'hui que Florence n'a pas beaucoup d'espoir. On ne sait pas quoi lui dire pour lui remonter le moral, elle n'y croit plus. » Anne-Sophie Bastin, avocate au barreau de Lille, s'est ensuite directement adressée à Florence, l'ensemble de la manifestation a été filmé et les organisateurs comptent bien tout faire pour que Florence la visionne.
« Je vis, je ris, je danse, j'ai de la chance, Florence (...) Et toi, t'es en survie. (...) Tu es le soldat d'une sale guerre. » Une plaidoirie habitée, porteuse elle aussi d'espoir : « Tant que tu es là-bas, nous, on est là ; que ta rage soit notre rage Florence. » Finalement mercredi, la poésie a trouvé un sens. « Celui qu'elle a toujours eu au fil de l'Histoire. La poésie a toujours été là quand il y avait quelque chose à défendre. » Ce jour-là, c'était Florence.