L'année du Mexique maintenue côté français
Ecrit par Vincent Vantighem
Nicolas Sarkozy va demander de nouveau le transfèrement de Florence Cassez...
Il a «longuement parlé» à Florence Cassez au téléphone. Mais surtout, Nicolas Sarkozy veut qu'on continue « à parler d'elle ». Le président de la République a décidé lundi soir de maintenir l'Année du Mexique en France, malgré la condamnation définitive de la Française à soixante ans de prison. Il a même choisi de la lui dédier. «Supprimer l'année France-Mexique serait une offense au peuple mexicain, a indiqué le chef de l'Etat lors d'une courte déclaration à l'Elysée.
Dans la nuit, Le gouvernement mexicain a indiqué dans la nuit de lundi à mardi qu'il se retirait de l'organisation de l'année du Mexique en France.
Dans cette affaire, nous faisons la différence entre le peuple mexicain et certains dirigeants.» Depuis sa cellule de la prison de Tepepan, à Mexico, Florence Cassez avait souhaité qu'on se serve des manifestations culturelles comme d'une tribune à sa cause. Nicolas Sarkozy l'a entendue. «Je veux que chaque officiel parle de Florence lorsqu'il se rendra à un événement, a ainsi indiqué le Président. Et je serai moi-même au premier rang pour en parler.»
Le transfèrement en suspens
Mais, en préservant ainsi les relations diplomatiques avec « le Mexique qui est un pays ami », Nicolas Sarkozy risque de froisser les plus ardents défenseurs de Florence Cassez. « J'en ai ras le bol qu'on se couche devant les intérêts financiers et diplomatiques, regrettait ainsi un député membre de son comité de soutien. Les Mexicains n'en ont rien à taper qu'on parle de Florence ici… »
C'est que Nicolas Sarkozy, lui, n'a pas perdu espoir de la faire revenir en France. Dans sa déclaration, le Président a indiqué qu'il allait de nouveau réclamer son transfèrement dans une prison française. « J'appellerai Felipe Calderón, le président mexicain, pour en parler avec lui. » Frank Berton, l'avocat de Florence Cassez est désormais sur la même ligne : « Elle a été condamnée définitivement. Son transfèrement est donc possible. Elle fera sûrement soixante ans de prison en France. »
Sarkozy va publier une tribune
Sauf qu'en 2009, un groupe de travail avait déjà étudié les conditions d'un « transfèrement » avant d'abandonner. Pour une raison simple, la France ne prévoit pas, dans son droit, de peine de soixante ans de prison alors que le Mexique ne veut pas transiger sur ce point. Sur le perron de l'Elysée, Charlotte Cassez, la maman de Florence, voulait, elle, encore y croire. « C'est sûr que c'est un pis-aller pour l'instant. Mais nous ne perdons pas espoir de faire reconnaître son innocence. En parlant d'elle et en alertant les Mexicains. » Nicolas Sarkozy s'en chargera lui-même. Le Président a décidé de publier une tribune dans les journaux mexicains. « Nous ne laisserons pas Florence soixante ans de plus en prison. »