J.-L. Romero, président du comité de soutien : « Oublier Florence, c'est la tuer un peu »
Ecrit par ISABELLE ELLENDER
Jean-Luc Romero est le président du comité de soutien à Florence Cassez. À deux jours d'un grand week-end organisé par la ville de Lambersart pour la jeune Nordiste condamnée à 60 ans de prison au Mexique, il dit tout l'intérêt de ce genre de manifestation.
Vous êtes-vous impliqué dans l'organisation de la manifestation qui débute vendredi à Lambersart ?
« Il faut rendre à César ce qui est à César. C'est la municipalité de Lambersart et les parents de Florence qui ont travaillé et moi, je ne pourrai malheureusement pas être présent. La ville s'est tout de suite montrée intéressée quand on a parlé d'exposer les tableaux peints par Florence, et commentés par sa mère. Le maire et ancien ministre Marc-Philippe Daubresse a toujours soutenu Florence. Après Lambersart, l'exposition sera visible à la mairie du 10 e arrondissement de Paris, à partir du 2 mai. » -
Exposer ses tableaux, faire une conférence... Est-ce que cela sert la cause de Florence Cassez, est-ce que ça peut faire bouger les choses ?
« Il faut maintenir un bruit de fond autour de Florence. Montrer qu'elle fait plein de choses, qu'elle ne fait pas qu'attendre ou pleurer dans sa prison de Tepepan. D'ailleurs, en plus de la peinture, elle crée aussi des bijoux, des porte-clés. Elle organise des ateliers pour les détenus... Le pire, pour elle qui se trouve enfermée à 10 000 km de sa région (elle fut lycéenne à Jean-Perrin Lambersart, ses parents habitent Béthune NDLR) serait qu'on ne parle plus d'elle. La diplomatie ne ferait plus rien. L'oublier, c'est la tuer un peu. Avec l'actualité internationale très chargée en ce moment, on zappe sans arrêt d'un sujet à l'autre. Parler d'elle, c'est vital ! »
Une conférence s'interrogera sur son innocence ou sa culpabilité, dimanche. Vous êtes évidemment convaincu que Florence Cassez est innocente ?
« Je ne la connaissais pas quand j'ai découvert son histoire, bien que je sois né à Béthune. Le premier article, je l'ai lu dans vos colonnes de La Voix du Nord. J'ai pris contact avec son avocat, ses parents, je suis allée la rencontrer au Mexique. Là, les doutes que j'aurais pu avoir en lisant la presse mexicaine ont été levés. J'ai l'intime conviction que Florence est victime d'une injustice incroyable. Et c'est une jeune femme attachante, sa situation nous touche forcément. »
Où en est son dossier et comment vit-elle les choses en prison ?
« Elle sait tout ce qui se passe ici pour elle, comme cette manifestation de Lambersart. C'est ça qui l'aide à tenir... Quant au dossier, on pensait que l'amparo était le dernier recours, mais vous savez qu'une nouvelle procédure, devant la cour suprême, est en cours. Cela redonne un peu d'espoir après trois décisions défavorables. Cela peut aller vite ou bien durer, tout est possible au Mexique. ».