Frank Berton appelle une décision de justice indépendante
Ecrit par Eric Dussart
À quelle heure tombera la décision du tribunal de Mexico ? En toute fin de journée, probablement ; ce sera donc la nuit ici, puisque nous sommes décalés de sept heures, par rapport au Mexique.
La journée sera donc longue, pour Florence Cassez dans sa prison, comme elle le sera à Dunkerque, chez ses parents, ou à Lille, au cabinet de son avocat.
Hier soir, Me Berton a une nouvelle fois eu son collègue mexicain Agustin Acosta au téléphone et la conversation des deux hommes n'avait pas le ton de l'optimisme.
C'est vrai : tout est possible. Une validation totale de l'amparo, qui impliquerait une libération sous les deux ou trois jours de la jeune femme une validation partielle, qui pourrait lui valoir un nouveau procès, par exemple et même un rejet pur et simple de ce document de cent onze pages, qui équivaudrait à la confirmation de sa peine de soixante ans de prison prononcée en appel au mois de mars 2009. Sans compter un report de la décision du tribunal, toujours envisageable... « Ce que je souhaite, c'est une décision libre, sans pression politique, sans intervention, rendue par une justice indépendante », dit Frank Berton. Et ce n'est pas par hasard.
Depuis le mois de décembre 2005, les pressions politiques se sont succédées, dans ce dossier. Sur la police d'abord, puis sur la justice. Combien de fois ses avocats et ceux qui la soutiennent ont-ils crié que Florence est « devenue une otage politique », surtout depuis sa condamnation en première instance, en avril 2008 ?
L'homme vers qui se tournent tous les regards est Genaro Garcia Luna, ancien directeur de la police spéciale devenu ministre de la Sécurité intérieure et chargé de la lutte contre la criminalité organisée. En panne de résultat, ouvertement accusé d'être en lien avec l'un des cartels les plus violents du pays, Garcia Luna tient Florence Cassez dans le creux de sa main.
« S'il y a des interventions politiques, nous ne manquerions pas de le faire savoir », prévient Me Berton. Ce qui revient à dire que la France en posséderait des preuves.