Florence Cassez pourrait enfin être fixée sur son sort jeudi
Ecrit par Eric Dussart
La justice mexicaine vient de donner une nouvelle date pour l'étude de l'« amparo » de Florence Cassez, qui avait déjà été annoncée le 9 décembre, avant d'être deux fois reportée. Apparemment, ce devrait être pour jeudi. La jeune femme attend le résultat de cet ultime recours avec angoisse.
« Je ne peux absolument pas confirmer cette information venue de Mexico. » Deux fois échaudé, Frank Berton a appris la prudence. L'avocat lillois de la jeune femme est en lien constant avec son homologue Agustin Acosta, qui vient donc de lui annoncer cette nouvelle. « C'est vrai, le nom de Florence est annoncé au rôle de l'audience de jeudi, mais il reste tout un processus de rencontres des juges que mon confrère doit assumer mardi et mercredi, avant que nous ayons la certitude que ce dossier sera examiné jeudi. » Pour résumer cette procédure qui n'existe pas chez nous, Me Acosta doit aller plaider la cause de sa cliente devant les trois juges du tribunal de circuit aujourd'hui et demain. S'ils estiment qu'ils en savent suffisamment, ces trois juges prendront le dossier Florence Cassez lors de leur audience de jeudi après-midi. Alors, un rapporteur leur rendra compte de ses études, de ses analyses et même d'une décision qu'il proposera. À ce moment-là, plusieurs solutions s'offrent aux juges.
La plus dure, pour la jeune Nordiste, serait évidemment la confirmation de sa peine. Au-delà, le droit mexicain ne prévoit plus aucun recours. « Dans ce cas, je ne peux que m'adresser à la Cour panaméricaine des droits de l'homme », dit Frank Berton. Mais il reconnaît qu'alors, il ne maîtriserait plus grand-chose.
Une autre solution serait bien sûr l'annulation pure et simple de la peine infligée à Florence Cassez, au motif d'un des dix-huit cas de violation du code pénal ou de la Constitution mexicaine que ses avocats ont relevés dans l'amparo. Dans ce cas, elle peut être sortie dans les heures qui suivent la décision... Mais il existe d'autres possibilités. Le renvoi vers un autre tribunal, par exemple, pour la programmation d'un nouveau procès. D'autres longs mois en prison qui s'annoncent, autant dire une éternité pour elle. Ou le report de la décision, aussi, si les trois juges ne s'entendent pas... Jointe hier soir au téléphone, Florence semblait vouloir repousser la pression : « Je me suis préparée au pire. Je suis tranquille, presque froide. Pour ça, j'ai gagné en maturité. Mais si la décision ne m'est pas favorable, je me sens capable d'exploser... »