Florence Cassez : l'« amparo » déposé, une longue attente a commencé hier

Ecrit par Eric Dussart

Les trois avocats de Florence Cassez ont déposé comme prévu, hier, devant la Cour suprême de Mexico, l'amparo final par lequel leur cliente demande à la justice mexicaine de reconnaître son innocence. C'est finalement une démarche plutôt simple, par rapport à l'enjeu que représente ce document - la dernière chance de la jeune femme.



« Il faut maintenant que la Cour suprême le lise et elle devrait comme nous être convaincue de l'innocence de Florence et reconnaître également que sa condamnation est inconstitutionnelle », disait Frank Berton hier soir. Bernard Cassez, tout juste rentré à Dunkerque en compagnie de son épouse, souligne que le document « relève dix-sept ou dix-huit violations différentes de la Constitution mexicaine ».

Manifestement contents du travail des trois avocats, les parents de la jeune Nordiste ne cèdent pourtant pas à l'euphorie, comme leur fille a appris à le faire : « Nous avons été refroidis deux fois, alors qu'on nous promettait une fin heureuse, j'espère que la troisième fois sera la bonne ... »

Un à deux ans d'examen

C'est donc une longue attente qui commence. Selon Agustin Acosta, l'un des deux avocats mexicains de Florence Cassez, le délai moyen varie entre un an ou deux, mais certaines sources diplomatiques laissaient espérer une issue avant la fin de l'année. Une prévision à prendre avec beaucoup de précaution, d'autant qu'au sein des mêmes circuits diplomatiques, d'autres voix s'élèvent pour craindre un nouveau revers, orchestré par l'actuel pouvoir.

En tout cas, l'opinion publique et la presse mexicaine suivent désormais ce dossier avec assiduité et beaucoup plus de sens critique qu'il y a encore deux ans. « C'est très bien ainsi, dit Bernard Cassez, pourvu que cela dure. Avec la sortie de son livre au Mexique à la mi-septembre, Florence reste dans l'actualité et c'est très bon pour elle. » En attendant le prochain grand rendez-vous médiatique que sera - aussi - la décision de la Cour suprême.