Exposition de peintures de la "prisonnière" du Mexique à Dunkerque « Parlons d'elle ! N'oublions pas Florence ! »
Bernard et Charlotte Cassez, les parents dunkerquois de Florence Cassez, emprisonnée depuis plus de 5 ans au Mexique, coincée au coeur d'un imbroglio diplomatique, aspirent à sa libération et à son retour en France.
Troisième étape de l'accrochage des peintures de Florence Cassez, jeune Française condamnée en 2009 à purger une peine de 60 ans au Mexique. Après Lambersart et la mairie du Xe arrondissement de Paris, Bernard et Charlotte Cassez, ses parents, sont accueillis en mairie de Dunkerque/Malo pour cette exposition "Florence Cassez : une cause nationale".
Que cette exposition se tienne à Dunkerque, était-ce important, pour vous qui habitez Malo ? Bernard Cassez : « C'est important parce que, de toute manière, pour beaucoup de gens, il ne faut pas oublier Florence. A Dunkerque, l'exposition comptera cinq tableaux de plus, car Florence continue de peindre. Un pilote d'Air France a ramené ces nouvelles peintures ».
Votre fille, Florence, peignait-elle avant son emprisonnement ?
« Pas du tout ! Elle est arrivée à la prison de Tepepan, un centre de réadaptation. Un concours y était organisé le premier mois de son arrivée, c'était en 2006, elle a réalisé quelque chose, et puis les choses en sont restées là. Fin 2009 début 2010 ont été organisés des cours de dessin et de peinture. Elle s'est inscrite ».
Peindre contribue-t-il à l'équilibre psychologique de Florence ?
« Premièrement, peindre lui assure une occupation. Il faut passer le temps là-bas. Dès qu'elle a commencé, ses professeurs lui ont décelé un petit coup de crayon. Elle a donc continué ».
Qu'attendez-vous de telles manifestations ?
« Qu'on parle d'elle. Qu'on ne l'oublie pas. Il s'agit aussi de montrer ce qu'elle réalise. Dans ces peintures, elle exprime ce qu'elle ressent. Ce peut être tout à la fois plus ou moins dur comme ressenti. Les connaisseurs commentent et ressentent beaucoup de choses de ce travail ».
Depuis le dépôt de l'Amparo en août 2010, à quel stade se trouve la procédure judiciaire ?
« La Cour suprême mexicaine s'est déclarée compétente pour reprendre le dossier. Bien sûr, on attend toujours de savoir quelle en sera la tournure. Mais c'est quand même une position qui nous rassure. Si elle avait rejeté l'examen du dossier, elle l'aurait fait tout de suite. Ils l'étudient donc ».
La visite en France du président du Sénat mexicain s'avère-t-elle un acte fort ?
« C'est effectivement un signe fort, nourri apparemment de bons entretiens. Le président du Sénat mexicain a rencontré son homologue français, Gérard Larcher, mais aussi Alain Juppé, le ministre des Affaires étrangères, en présence de son alter ego mexicaine. Donc, il semblerait qu'il y ait une volonté des deux pays de renouer les liens, un peu gelés depuis février, au moment où le Mexique a choisi d'annuler les manifestations de l'année du Mexique en France ».
Les soutiens politiques, de tous bords, ne vous font pas défaut ? Et les vedettes du show-biz ?
« C'est quand même malheureux ! Alors que Carmen Salinas, l'équivalent d'une Line Renaud, brandit la photo de Florence quand elle entre sur scène devant des dizaines de milliers de spectateurs, et d'autres artistes mexicains, en France... Heureusement que nous avons beaucoup de sou tiens politiques. Ce qui est nouveau, c'est une visite de députés européens effectuée au Mexique. Nous touchons au niveau de l'Europe désormais ».
Tous ces signes participent-ils à entretenir votre détermination, et celle de votre épouse ?
« Ça nous encourage, car on en a besoin. Elle (Florence) aussi. Effectivement si demain, au niveau sportif, nous pouvions toucher des soutiens... C'est difficile, il y a le lien avec les fédérations. Nous avions envisagé un rapprochement à Lens, et puis cela ne s'est pas concrétisé. Les artistes, c'est quand même malheureux, cela s'avérerait porteur, car ils voyagent dans le monde entier ».
Rencontrez-vous des personnes qui doutent encore de l'innocence de votre fille Florence ? Si oui, vous leur dites quoi ?
« Non, on n'en rencontre pas. Peut-être parce qu'ils ne viennent pas vers nous. Tout ce que je peux dire, c'est qu'il y a tous les moyens de se renseigner sur le site internet qui explique beaucoup de choses. Son livre, aussi, relate ce qu'elle a vécu. Il a été coécrit avec Eric Dussart. Ce journaliste (à la Voix du Nord) ne se serait pas lancé, s'il n'était pas certain des preuves de l'innocence de Florence ».
Une exposition à Malo, après un rendez-vous au Printemps des poètes à l'Ile-Jeanty, avez-vous d'autres initiatives programmées prochainement ?
« Oui, l'Ile-Jeanty, c'était aussi une belle manifestation. Toutes les initiatives sont bonnes, petites ou grandes. C'est toujours bon. Nous répondons à toutes les sollicitations. On se déplace. Ça nous réconforte un peu. Ça nous oblige à sortir, à bouger pour Florence ».