Décision aujourd'hui pour Florence Cassez
Ecrit par Léonore Mahieux
Les juges se prononcent sur le pourvoi en cassation de la Française.
Stressée, angoissée, Florence Cassez, 36 ans, vit douloureusement ces heures qui précèdent la décision des juges du 7e tribunal de Mexico. Il s'agit, en effet, de sa dernière possibilité d'être innocentée par la justice mexicaine. Cet « ámparo », équivalent du pourvoi en cassation, est son dernier recours.
Elle a été condamnée à quatre-vingt-seize ans de prison en première instance, pour enlèvements et port d'arme. Une peine ramenée à soixante ans en appel. « Deux gifles » pour cette Française qui, depuis le premier jour, clame son innocence. Elle préfère donc ne pas se laisser aller à un quelconque enthousiasme. Trop peur de ne pas tenir le choc en cas de nouvelle déception. Car plusieurs options peuvent se présenter. « Le tribunal peut casser le jugement et prononcer l'acquittement, explique son avocat mexicain, Agustín Acosta. Il peut aussi confirmer la condamnation ou choisir de réexaminer le dossier. » Ce qui impliquerait encore un certain temps derrière les barreaux pour Florence Cassez.
Enjeux politiques
L'avocat reste sceptique sur la possibilité d'un acquittement. « C'est une option possible, mais difficile en raison du contexte. » Le contexte, c'est un pays qui, soumis au fléau des enlèvements, a des réactions viscérales face aux présumés kidnappeurs. Une situation qui pèse sur les juges, même si, ces derniers mois, de nombreux organismes, associations de défense des droits de l'homme et l'Église catholique se sont positionnés en faveur de la Française. Le prêtre Pedro Arellano, chargé d'une enquête approfondie sur l'affaire, a affirmé : « Nous sommes face à une véritable erreur judiciaire. Nous ferons le maximum pour faire reconnaître son innocence. »
Reste un dernier facteur de poids : les enjeux politiques du cas. Un des principaux scandales de cette affaire réside dans les conditions de l'arrestation. La police et la presse mexicaine l'ont présentée comme une opération en direct. Or, il s'agissait d'un montage. Florence Cassez et son ex-fiancé n'ont jamais été arrêtés dans un ranch en train de surveiller des victimes, mais un jour plus tôt et à un autre endroit. Le flagrant délit sur lequel se base toute l'accusation est donc inexistant. Et les policiers responsables de ce montage, passibles de jugement, sont aujourd'hui chef de la police et ministre de la Sécurité. La décision judiciaire qui doit tomber aujourd'hui ne concerne donc pas seulement le futur de Florence Cassez.