Au matin de l'examen de son « amparo », Florence Cassez s'est « préparée au pire »
Ecrit par Eric Dussart
C'est aujourd'hui que le « septimo tribunal » de Mexico examine « l'amparo » déposé par Florence Cassez le 31 août dernier. Son dernier recours judiciaire au Mexique. Elle y clame son innocence, bien sûr, comme elle le fait depuis ce jour de décembre 2005 où elle a été arrêtée et accusée d'avoir enlevé trois personnes. Jointe mardi à la prison de Tepepan, elle ne semblait pas très confiante...
- Dans quel état d'esprit êtes-vous, à quelques heures d'une étape aussi cruciale ?
« Je suis prête. Tranquille, froide, je me suis préparée au pire. Pour cela, j'ai acquis une vraie maturité, je ne m'emballe plus comme cela m'est arrivé dans le passé, lors des précédentes décisions. C'est trop dur, ensuite, de retomber de haut.
Alors, j'envisage froidement qu'on me refuse cet amparo, parce que je veux réagir avec le plus de force et d'intelligence possible, car ensuite, dans ce cas, il me faudra continuer à me battre. Je n'aurai pas le loisir de m'effondrer. »
- Vous vous êtes préparée au pire, mais n'envisagez-vous pas le meilleur ?
« Pas du tout. Je le répète : je n'aurai plus la force de prendre une nouvelle claque, donc je ne peux pas me permettre de penser que je vais sortir.
Et puis, au plus profond de moi, je crois bien que je n'ai plus d'illusions... »
- L'une des décisions qui peuvent être rendues ce soir est pourtant votre libération...
« Peut-être, mais dans quelles conditions ? Pour des questions de forme, de procédure ? Ce n'est pas ce qui m'intéresse.
Aujourd'hui, j'ai compris qu'ils ne me laisseront jamais partir libre et innocentée, et c'est pourtant ce qui compte le plus pour moi. Le reste, c'est du vent. Ce que je veux, c'est mon innocence ! Tant que je n'aurai pas ça, je ne pourrai pas vivre tranquille. »
- C'est la troisième fois qu'on annonce l'examen de votre « amparo ». Cette fois cela paraît sérieux, mais ne craignez-vous pas un nouveau report ?
« Cela ne serait pas le plus grave. De toute façon, je m'étais faite à l'idée que cela pourrait tomber en 2012. Que ce gouvernement-ci me laisserait poireauter là et refilerait au suivant le soin de se débrouiller avec mon dossier, après l'élection présidentielle qui aura lieu en même temps que celle de chez nous... C'est quelque chose que nous avions sérieusement envisagé, avec mes avocats. »
- Tout de même, on dit généralement que si le tribunal examine de près toutes les violations de la Constitution et du droit, vous devez être libérée...
« Mais c'est en France qu'on dit cela ! Parce qu'en France, on pense comme cela. Mais ici, on n'est pas en France, il faut arrêter de parler de cette manière de mon dossier... »