Année du Mexique : un fiasco et l’addition
Plouf . Après l’annulation de la manifestation en France, les organisateurs chiffrent les pertes.
Cette fois, c’est bel et bien plié : il n’y aura pas d’Année du Mexique en France. Trois semaines après le couac diplomatique lié à l’affaire Florence Cassez et à la volonté du gouvernement français de lui dédier cet événement, le Mexique a maintenu sa décision de se retirer. Dans un communiqué publié mardi soir, l’Institut français a conclu à «l’impossibilité de mettre en œuvre» cette opération impliquant environ 350 manifestations qui devaient se dérouler sur l’ensemble du territoire français. Au passage, l’édition 2011 du festival français d’Acapulco, rendez-vous culturel autour de thèmes variés (mode, cinéma, publicité, gastronomie…) ne se tiendra pas comme prévu du 8 au 13 mars, en raison des tensions diplomatiques entre les deux pays mais a été décalée du 24 au 29 mai.
Dans son communiqué, l’Institut français soulignait en outre que «le retrait de la partie mexicaine a conduit à déprogrammer un grand nombre de manifestations, dans la mesure où c’est au pays invité que revient d’assurer et de prendre en charge le transport des œuvres et des personnes».
L’information n’est pas tout à fait anodine puisqu’elle confirme que l’essentiel du financement de ces événements était à la charge du Mexique. Dans une dépêche de l’AFP, une «source proche du dossier» chiffre l’investissement à hauteur de 23 millions d’euros.
L’effet pervers de ce fiasco est qu’une grande partie de la petite note est désormais à la charge des institutions françaises. Qu’elles décident de maintenir leur programmation, dans la mesure du possible, ou qu’elles optent plutôt pour le remplacement par une autre manifestation à monter dans l’urgence.
Pour un bon nombre de ces événements, l’annulation était inévitable, comme l’exposition sur les masques Mayas de la Pinacothèque à Paris ou celle de Saint-Romain-le-Gal près de Lyon, consacrée aux trésors archéologiques précolombiens, puisque les œuvres exposées appartiennent au Mexique qui a décidé de remballer le tout. D’autres institutions font de la résistance. Ainsi, à la Cinémathèque française la décision a été prise de maintenir le cycle sur l’âge d’or du mélo mexicain des années 1945-1955. «Il aurait été vraiment dommage d’abandonner un projet pour lequel tout le travail préparatoire était achevé», dit Jean-François Rauger, directeur de la programmation de la Cinémathèque.
«Au départ, l’ensemble des frais liés à ce cycle devaient être pris en charge par les autorités mexicaines, c’est-à-dire les copies, le transport et la rémunération des ayants droit. Nous avons donc demandé à nos deux principaux partenaires, la filmothèque de l’Unam (Université nationale autonome de Mexico) et la Cinémathèque nationale de Mexico de bien vouloir nous prêter 30 sur les 40 films que nous avions sélectionnés. Ils ont accepté, à conditions évidemment que le label Année du Mexique soit retiré et que, logiquement, nous prenions l’ensemble des frais à notre charge.» Depuis, la Cinémathèque attend la facture d’un instant à l’autre.