Année du Mexique : Florence Cassez, otage politique ?

Ecrit par E.C

Après l'annonce du retrait de Mexico de l'année du Mexique en France, l'avocat de Florence Cassez s'est dit « inquiet » pour sa cliente. Pour Frédéric Mitterrand, cela devient une affaire d'Etat. Brice Hortefeux assure que la France ne renonce pas.



Quelques heures après la surprenante annonce du retrait mexicain de l'année du Mexique en France, les réactions se multiplient en France. Sur LCI, maître Berton, avocat de la jeune détenue, s'est dit « abasourdi » par l'attitude du gouvernement mexicain qui, selon lui, fait la « démonstration » que Florence Cassez est un « otage politique ». Pour maître Berton, il s'agit là de la preuve que Mexico ne « respecte pas le droit de l'Homme ». Il s'est dit « inquiet » pour la sécurité et les conditions de détention de Florence Cassez, qui risquent selon lui de se durcir.

Vers un recours devant la Cour Pénale Internationale ?

Mais en dépit de ce revers diplomatique, la France n'a pas l'intention de renoncer. Toujours sur LCI, le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a assuré que Paris userait de tous les instruments juridiques à sa disposition pour venir en aide à la jeune femme condamnée à 60 ans de prison pour enlèvement. Parmi ceux-ci : la Cour Pénale Internationale et des organisation judiciaires mexicaines qui permettent encore des recours. Surprise par la décision de Mexico, la France n'entend toutefois pas, selon Hortefeux, « durcir les relations diplomatiques » avec le pays de Felipe Calderon.

La culture prise en otage

Sur France Info, Frédéric Mitterrand estime pour sa part que « l'affaire Cassez devient une affaire d'Etat ». Selon le ministre de la Culture, « on prend la culture en otage ». Pourtant, cette année du Mexique n'était pas « l'année de l'Etat mexicain, mais de la culture mexicaine ». Il a rappelé un précédent en la matière : en 1990, l'année du Maroc en France avait été annulée après la sortie du livre de Gilles Perrault, Notre Ami le Roi. Selon lui, le Mexique s'est inspiré de cette décision qui, à l'époque, s'était avérée désastreuse sur le plan médiatique et diplomatique pour le Maroc.