Affaire Cassez: que va décider le gouvernement mexicain avec l'année du Mexique?
Ecrit par AFP
Le gouvernement mexicain a indiqué lundi soir qu'il se retirait de l'organisation de l'année du Mexique en France en raison des déclarations du président Nicolas Sarkozy sur l'affaire Florence Cassez, la Française condamnée à 60 de prison pour enlèvements.
Le Mexique est "prêt" à participer à l'année du Mexique en France, mais à la seule condition que les autorités françaises renoncent à la lier à l'affaire Florence Cassez, a affirmé mardi l'ambassadeur du Mexique en France, Carlos De Icaza, alors que la veille le gouvernement mexicain y avait renoncé indiqué qu'il ne participerait en raison des déclarations du président français.
"A la lumière des déclarations du président Sarkozy, le gouvernement du Mexique considère que n'existent pas les conditions pour que l'année du Mexique en France soit menée à bien de manière appropriée et que soit mis en oeuvre l'objectif pour lequel elle avait été conçue", a indiqué le ministère mexicain des Affaires étrangères dans un communiqué.
Me Frank Berton, l'avocat français de Florence Cassez a estimé mardi que sa cliente est une "otage politique".
Interrogé sur France Info, l'avocat a souligné que c'était la deuxième fois que le Mexique donnait une réponse négative à une telle demande.
"On n'a même pas eu le temps (...) de présenter la demande. Le président (Sarkozy) l'a annoncé hier, ils nous ont répondu non. Il y a quand même des procédures à respecter. Elles n'ont même pas été encore engagées, et les Mexicains disent non", a-t-il dénoncé.
"Et parallèlement ils couplent ça avec une non participation à l'année du Mexique. Florence a demandé que l'année du Mexique se tienne, que l'on ne se serve pas de son cas pour paralyser cette année du Mexique, et en réaction le gouvernement dit non. Elle le demande, eux disent non. C'est la démonstration (...) que Florence est une nouvelle fois (...) un otage politique là-bas", a-t-il poursuivi.
Le président Nicolas Sarkozy avait annoncé lundi sa décision de maintenir l'Année du Mexique en France mais en la dédiant à Florence Cassez, tout en renouvelant sa demande d'un transfèrement de la jeune femme en France dans le cadre de la Convention de Strasbourg.
Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, a prévenu mardi sur LCI que Paris "ne renonçait pas" dans son soutien à Florence Cassez et allait "poursuivre l'action" juridique malgré la crise diplomatique entre la France et le Mexique.
"Il y a encore un certain nombre d'instruments, de moyens juridiques dont nous allons naturellement nous saisir pour aider Florence Cassez avec qui le président de la République est d'ailleurs en contact", a précisé Brice Hortefeux citant la Cour internationale de justice et l'"organisation judiciaire propre à l'Amérique latine".
Un tribunal mexicain avait rejeté jeudi le pourvoi en cassation de Florence Cassez, en prison depuis plus de cinq ans, et confirmé sa condamnation à 60 ans de prison pour enlèvements, port d'armes et participation à délinquance organisée.
Dans son communiqué, le gouvernement mexicain réaffirme, comme il l'avait déjà fait en mars 2009 après le jugement en appel, que "n'existent pas les conditions permettant de donner son accord au transfèrement de Florence Cassez en France, dans le cadre de la convention de Strasbourg, en raison des différences substantielles entre les systèmes juridiques des deux pays".
"Il est vraiment surprenant qu'un chef d'Etat prenne une décision de politique extérieure affectant les liens entre deux peuples et gouvernements en consultant une personne condamnée par la justice mexicaine pour des délits de nature particulièrement grave", souligne le ministère mexicain.
Lundi soir, le président Sarkozy avait annoncé sa décision sur l'Année du Mexique en France après discussion à Paris avec les parents de Florence Cassez et après une conversation téléphonique avec la jeune femme.
"Le gouvernement du Mexique ne permettra pas que les artistes et créateurs, ainsi que les entrepreneurs et autres participants à ce programme, soient exposés à des manifestations étrangères aux objectifs qui les avaient mobilisés à l'origine et qui empêcheraient une appréciation adéquate de leurs oeuvres et de leurs contributions".