« Nous ne laisserons pas 60 ans de plus Florence Cassez en prison »
C'est ce qu'a promis Nicolas Sarkozy à ses parents qu'il a reçus hier soir à l'Élysée. Une prise de position qui, jusqu'à maintenant, se heurte obstinément à la volonté mexicaine.
Ils se sont parlés au téléphone. « Nicolas Sarkozy a eu, avec Florence, des mots très affectueux et réconfortants », commentait hier soir le député Thierry Lazaro qui assistait à l'entretien à l'Élysée entre le président de la République et les parents Cassez. Lors de cette conversation téléphonique entre Paris et la prison de Tetepan, Nicolas Sarkozy a demandé à la prisonnière ce qu'elle voulait. Florence Cassez a répondu : « si vous annulez l'année du Mexique en France, vous creusez ma tombe ».
Une position qui a ébranlé le député nordiste. En début d'après-midi, il plaidait pour l'annulation (lire en page 4), il est désormais satisfait de la « position intermédiaire » : maintenir les manifestations officielles en dédiant l'année du Mexique à Florence Cassez et demander le transfèrement en France de la jeune Béthunoise puisque, désormais, au regard de la justice mexicaine, sa condamnation à 60 ans de prison est définitive.
L'espoir d'un transfèrement
La convention internationale de Strasbourg, ratifiée par le gouvernement mexicain est claire. Elle permet que Florence Cassez purge sa peine ici. Felipe Calderon, après l'avoir promis par écrit, avait fait marche arrière, infligeant un camouflet à Nicolas Sarkozy qui a fait sienne la cause de la jeune Béthunoise. C'est la (presque) dernière carte à jouer puisque d'éventuels recours devant les juridictions internationales prendront des années avant d'aboutir.
« C'est une bonne décision », estimait son avocat lillois Me Frank Berton au sortir de l'entretien. Des chances d'aboutir après le dernier refus ? « Si on ne le demande pas, on ne l'obtiendra pas. » Il balaye l'argument prévisible qui pourrait être opposé à cette demande, une peine de 60 ans de réclusion n'existant pas en droit français : « on a bien pire, on a la perpétuité », lâche Me Berton.
La diplomatie française avance en terrain mouvant sur ce dossier. Un numéro d'équilibriste pour ne pas obérer les chances de Florence Cassez de revenir en France en se montrant suffisamment ferme avec le gouvernement mexicain, et le tout sans se mettre à dos la population mexicaine. Pas simple et on devine qu'en coulisses les tractations ne sont pas terminées.
Nicolas Sarkozy qui a déclaré « on ne laissera pas 60 ans de plus cette jeune femme dans une prison » va demander « à tous les officiels qui participeront à des manifestations de l'année du Mexique de rappeler à chaque fois la situation de Florence », complète Thierry Lazaro en rappelant qu'elle « n'est pas la seule innocente à croupir dans les geôles mexicaines ».
La position présidentielle que l'on pressentait dans la journée, après les déclarations du porte-parole du gouvernement François Baroin qui invitait à prendre le temps de la réflexion, suffira-t-elle à infléchir le Mexique ? Ou faut-il espérer un changement à l'occasion des prochaines élections là-bas, prévues pour 2012 ? Dans sa prison, Florence va encore attendre.w Nicolas Sarkozy a également déclaré qu'il publierait bientôt une tribune dans la presse mexicaine.