« La liberté au Mexique ne peut pas rester en prison »

« Je vous invite à juger, à critiquer mes peintures parce que là au moins, c'est moi qui les ai faites ». Hier soir à 20 heures, la voix de Florence Cassez est venue ponctuer l'inauguration de ses tableaux exposés au Colysée de Lambersart. La Nordiste intervenait depuis la prison de Tepepan au Mexique où elle est internée depuis cinq ans.

« Là au moins, c'est moi qui les ai faites » : des mots simples pour dire l'« innocence ».

Celle d'une jeune femme condamnée à soixante années de prison par un « enchaînement de circonstances incroyables » celles « d'avoir été là, au mauvais moment et au mauvais endroit ». « Une machination, une manipulation » qui ont engendré « une injustice énorme ». Si elle avait eu « un procès avec le respect du droit de la défense »..., au fils des discours des élus de la région - de droite et de gauche - invités autour de Marc-Phillipe Daubresse à l'inauguration de ce week-end de soutien à Florence Cassez, une conviction se détache, résumée en une formule par le député-maire de Lambersart : « La liberté au Mexique ne peut pas rester en prison. »

La liberté, l'évasion, sont les thèmes qui surgissent de ces toiles, commentées par Charlotte Cassez, aux premiers visiteurs, venus découvrir les oeuvres « d'une jeune femme qui souffre, qui espère... au talent en train de grandir au fur et à mesure », dira le sénateur Yvan Renard.

Avec parfois, une « explosion de couleurs pour dire la colère », interprète Charlotte Cassez. Ainsi « la dureté » de ce tableau qui représente l'autoroute où a eu lieu l'arrestation. « Une peinture exutoire qui exprime l'envie de se sauver, de retrouver le Nord, les plages et l'envie aussi de continuer à lutter. »

Présente à l'inauguration en tant que journaliste, Florence Aubenas, qui suit professionnellement le cas de la Nordiste se dit touchée de voir comment au travers de ces oeuvres Florence Cassez a fait progressivement siennes les tonalités du Mexique : « C'est difficile en détention de se résoudre au temps qui passe. Nombre de ces oeuvres montrent sa courageuse acceptation de ce qui lui arrive. Cela force le respect. Et les gens ont du respect pour Florence y compris ses codétenues. »