« L'opinion mexicaine est en train de changer »

L'opinion mexicaine est « en train de changer » concernant Florence Cassez, a déclaré son père Bernard Cassez, hier, à Paris, lors de l'assemblée générale d'une association de lutte contre les dysfonctionnements de la justice, France-Justice.

« Il semblerait que l'opinion au Mexique est en train de changer, les gens s'intéressent à son cas et certains sont convaincus de son innocence », indique Bernard Cassez, s'appuyant sur les observations de son épouse, revenue d'un voyage de trois semaines au Mexique. « On ne peut pas laisser s'opérer un cas aussi flagrant d'injustice, témoigne le chanteur Yves Duteil, descendant d'Alfred Dreyfus et membre de l'association. Mon but est de faire en sorte que ceux qui m'écoutent aient envie de se documenter sur l'affaire Florence Cassez, car le dossier exprime son innocence. »

À la une d'une revue people

Gente, l'une des principales revues people du Mexique fait d'ailleurs cette semaine sa couverture sur Florence Cassez, dont le portrait en grand format est titré « Présumée innocente ». Ce titre fait référence au documentaire « Présumé coupable » qui connaît actuellement un succès sans précédent dans les salles de cinéma mexicaines. Le film est consacré aux dysfonctionnements de la justice mexicaine, fabrique de « coupables » souvent innocents, comme le héros du film, alors que plus de 95 % des crimes restent impunis.

La revue mensuelle à grand tirage Gente appartient au groupe de presse Editorial Televisa, propriété de Televisa, la principale chaîne de télévision hispanophone au monde. Elle consacre au dossier Cassez huit pages, illustrées de nombreuses photos et largement favorables à la Française.

Ce dossier a été confié par Gente à trois correspondantes françaises au Mexique, qui travaillent depuis plusieurs années sur le dossier. Elles soulignent la sévérité de la peine infligée à la Française alors que « de manière surprenante le dossier judiciaire ne contient pas de preuve solide, et est plein de témoignages contradictoires ».

La revue insiste surtout sur le « simulacre », organisé par la police fédérale, que fut l'arrestation prétendument en direct de la Française le 9 décembre 2005, alors que Florence Cassez avait été arrêtée la veille avec son ex-ami, Israel Vallarta. C'est ce montage, reconnu par la justice mexicaine, qui avait alimenté au Mexique, au début de l'affaire, un lynchage médiatique contre « la Française diabolique », accusée d'être complice de l'enlèvement de trois personnes, un jeune homme, une femme et son enfant.

La publication d'un dossier favorable à Florence Cassez par Gente confirme un certain retournement de l'opinion publique mexicaine, notable en particulier dans les éditoriaux d'une presse qui, il y a deux ans encore, était unanimement hostiles à la Nordiste.