« Je veux qu'on reconnaisse mon innocence ! »

Ecrit par Eric Dussart

C'était le sujet du jour, dans la Salle des quatre colonnes, l'endroit ou bruisse et frémit l'Assemblée nationale.



Des députés s'exprimaient, péroraient, et disaient quelques bêtises par méconnaissance du dossier. D'autres restaient prudents, reconnaissant qu'ils ne savent qu'imparfaitement l'histoire de Florence Cassez, refusant donc de se prononcer.

Et certains, enfin, se demandaient comment cette histoire a pu prendre tant d'ampleur, devenir « une affaire d'État », comme a dit Frédéric Mitterrand.

Florence Cassez était au centre de toutes les discussions, mais pour quel résultat ? Évidemment, à gauche, on commence à douter de plus en plus ouvertement du bien-fondé de la stratégie de l'Élysée. On ironisait même sur le fait que Nicolas Sarkozy ait appelé au sang-froid, hier après-midi.

« Il fallait ouvrir la porte à la discussion avec le gouvernement mexicain, notamment sur le rapatriement de Florence Cassez, or ouvrir la crise, c'est fermer la porte », a dit Yann Werhling, porte-parole du MoDem. Et tant à droite (discrètement) qu'à gauche, c'est aujourd'hui le « tapage » fait autour de cette histoire qui est remis en cause.

Éplucher le dossier

C'est oublier un peu vite que Florence Cassez, sur le conseil de son premier avocat mexicain, a rejeté toute médiatisation, privilégiant la justice et la diplomatie, pendant sa première année de détention. Résultat : elle a été condamnée à quatre-vingt-seize ans de prison en 2008.

Il n'y a donc pas de stratégie miracle. Il n'y a qu'une jeune femme, embarquée dans une histoire qui la dépasse, qui est devenue un symbole à son corps défendant et que même les accords internationaux ne suffisent plus à protéger.

Il n'y a qu'une manière de la sortir de sa prison un jour : prouver qu'elle est innocente. Mais pour cela, il faut se pencher sur son histoire, éplucher le dossier, interroger les témoins, vérifier les accusations.

Et entendre son cri : « Je veux qu'on reconnaisse mon innocence, le reste c'est du vent ! »