Cassez : au Mexique, « ce dossier pourrait devenir exemplaire »

Ecrit par Eric Dussart

Au téléphone, en début de semaine, Florence Cassez parlait tout bas. Comme les jours où elle ne va pas bien, quand elle se lève à peine pour prendre un peu le pouls de la vie qui bat autour d'elle, et qu'elle se recouche alors, lasse, seule, désespérée. Les perspectives qui se dessinent pour elle, si loin, ne l'atteignent plus. ...



Le temps paraît si long.

Les choses évoluent, à la prison de Tepepan, au fil des mois. Un changement de directeur, des procédures qui se durcissent, elle ne téléphone plus si facilement et sent que la pression change, autour d'elle. Elle a beau savoir que d'autres travaillent pour elle, et jusqu'au plus haut niveau de l'État, l'espoir ne s'entretient pas si facilement.

L'opinion mexicaine méfiante

Agustin Acosta, son avocat mexicain, est passé la voir mercredi. « Elle tient bon », dit-il. Mais il convient que l'opinion mexicaine continue de se méfier de cette jeune femme qu'on a accusée de tous les maux. « Seuls les leaders d'opinion commencent à évoluer. Par exemple, une éditorialiste influente écrivait ces jours-ci que ce dossier pourrait être exemplaire de l'évolution de notre justice. »

Démonter l'acte d'accusation

Pour lui, comme pour son homologue lillois Frank Berton, il s'agit maintenant de démonter l'acte d'accusation : « Je me consacre à rédiger le plus précisément possible un amparo très important. Avec les violations des droits fondamentaux, les actes de tortures et les mensonges de cette affaire, mon pays, au bout du compte, aura à choisir entre la civilisation et la barbarie. C'est-à-dire entre le droit et les abus de la police. » Au Mexique, on est aujourd'hui surpris de la ténacité française dans cette affaire. « Mais la cause que nous défendons, dit Me Acosta, est celle d'une innocente. Il n'est pas question de lâcher une innocente. »