Une passivité inexpliquée face à une mère "exemplaire"
La cour d'assise du Nord a tourné en rond hier, en tentant de comprendre pourquoi famille, proches, assistante maternelle et médecins ont cru sur parole cette mère « exemplaire » qui disait que le petit Marc s'automutilait alors qu'il expirait sous les coups. Interrogés tour à tour par la cour, l'institutrice, la directrice de l'école, l'assistante maternelle accusée de non-assistance à personne en danger ainsi que les membres de la famille de la mère et du beau-père du garçon de cinq ans - tous ont eu cette même réponse : "C'était une mère exemplaire, on lui a fait confiance."
Automutilation
Victime de coups et sévices répétés - plaies jusqu'aux testicules, côtes fracturées, hématomes, douches froides -, dont son beau-père David Da Costa, trente-huit ans est accusé, Marc est mort au domicile parental le 25 janvier 2006, à Auby (Nord), sans que personne ne donne l'alerte. Selon les auditions de police, les violences ont commencé au mois de décembre. Après les vacances de Noël, Marc n'était pas retourné à l'école. Sa mère Isabelle Gosselin avait dit à son institutrice que Marc avait une gastro-entérite et une bosse, expliquée par une chute à son domicile. Par la suite, pour justifier son absence, la mère avait expliqué qu'il s'automutilait.
- Cela ne vous a pas alertée, vous en tant que directrice d'école qu'on vous dise que l'enfant s'automutilait? », interroge l'avocat général. « Si, mais on a dit qu'il fallait que la mère consulte un pédopsychiatre et comme on la connaissait c'était impensable qu'elle ne le fasse pas », répond la directrice de maternelle.
-A l'école on a vraiment cru la maman, c'était une maman exemplaire », ajoute-t-elle.
Non-assistance à personne en danger
L'assistante maternelle, amie de la mère et accusée de non-assistance à personne en danger, avait quand même eu un doute après avoir vu l'enfant avec un bleu, puisqu'elle avait appelé le numéro de SOS En- fance maltraitée. Le grand-père qui avait vu Marc « la lèvre fendue et les yeux gonflés comme un Chinois » avait déposé une main courante à la police disant que l'enfant - s'infligeait des blessures dans le seul but d'ennuyer sa mère ».
Le premier des médecins qui a comparu pour non-assistance à personne en danger avait également exclu tout geste malveillant des parents après avoir examiné l'enfant couvert d'hématomes. La cour entendra lundi le deuxième médecin qui avait examiné Marc le 17 janvier, quelques jours avant sa mort. Le procès doit durer jusqu'au 7 novembre.