Son frère aîné de neuf ans témoigne des coups subis par le petit Marc
Ecrit par Julien Carpentier
Hier, la cour a entendu le témoignage poignant du frère aîné de Marc, décédé des suites de violences répétées le 25 janvier 2006 à Auby.
Le président Gasteau a passé une mauvaise nuit mercredi. Tiraillé par l'audition de la dernière experte qui décrivait Isabelle Gosselin, la mère de Marc, comme une femme qui avait « fait des concessions pour que son couple marche » et pour qui Marc « avait été source de problèmes ». L'expertise avait fait bondir l'avocat général, le président aussi.
Hier matin, Michel Gasteau stimule donc à nouveau Isabelle Gosselin... pour être sûr. Mais la mère ne s'explique pas mieux pour autant : « J'ai essayé de m'interposer, j'ai pas su faire... » « Est-ce que vous avez renoncé à vos enfants ? », interroge Me Reisenthel. « Quelque part oui », répond-elle sans convaincre.
« Ils pouvaient dire »
Le témoignage du frère aîné de Marc achève de remplir la salle en début d'après-midi. Une trentaine de personnes sont refoulées à l'entrée dans un brouhaha agacé : « Ce n'est pas une justice-spectacle !, lance le président, sur le pas de la porte. L'enfant n'est pas à regarder comme une bête ! » Le petit s'avance, une peluche à la main. Isabelle Gosselin s'effondre en pleurs. La voix de l'enfant donne soudainement une émotion nouvelle à cette justice d'adultes.
Pas un regard vers le box. D'une voix claire, il accuse David Da Costa d'avoir « donné des coups de pied dans le ventre » de Marc qui « criait à peine, jamais, disait jamais rien, pleurait sans larmes ».
L'aîné n'a jamais été violenté, son beau-père le menaçait juste s'il parlait. « Je suis très en colère contre ma mère et les autres, ajoute-t-il en pleurs. Ils voyaient ce qui se passait, alors ils pouvaient dire. » Christian Tirloy, l'un des médecins jugés pour non-assistance à personne en danger, a vu Marc le 30 décembre. Quand ? Lui dit le matin, les deux accusés l'après-midi. Il dit qu'Isabelle Gosselin est venue seule avec l'enfant, eux que David Da Costa était là. Qui ment ? Mystère. « Je n'avais pas d'inquiétude particulière, explique le médecin. Elle m'a dit "Je ne peux plus le tenir, il fait des accès de colère". Spontanément, elle a enlevé le haut et je l'ai examiné. Il y avait des ecchymoses sur les bras (...). En revanche, il n'y avait rien au visage. » « Mais vous faites un certificat pour une hospitalisation d'urgence ? », questionne le président. « La notion d'urgence, c'était la notion de la violence des coups qu'il se portait », répond le Dr Tirloy.
Cette fois, le public ne réagit plus. Le président a ordonné l'évacuation d'une salle grondant d'indignation après une énième volte-face de Da Costa (« Je pensais qu'à ma dose, qu'à l'alcool ! ») suite à une question embarrassante. « Est-ce que ce n'est pas une erreur de diagnostic ? », reprend Me Potié, l'avocat du médecin. « J'avais diagnostiqué un trouble du comportement. Mais a posteriori... ». « Une erreur de diagnostic », conclut l'avocat.