Perpétuité pour Da Costa et 30 ans pour la mère
Ecrit par Matthieu Millescamps
Les jurés ont suivi partiellement la défense en différenciant les peines du beau-père et de la mère du petit Marc, cinq ans. Par contre, ils ont suivi le réquisitoire en condamnant les médecins.
La salle, déjà bondée tout au long de ces dix jours de procès, est plus que comble au prononcé du verdict. Beaucoup ont dû rester à l'extérieur. Il est 16 h lorsque le président Michel Gasteau fait entrer les jurés. La tension est palpable, dans la salle comme sur le banc des accusés. David Da Costa, qui s'est acharné sur le petit Marc, 5 ans, découvert le 21 janvier 2006 mort des suites des multiples coups qu'il lui a infligés, est reconnu coupable de l'ensemble des charges qui pèsent contre lui, coupable d'actes de barbarie. La réclusion criminelle à perpétuité a été prononcée par la majorité des jurés contre David Da Costa.
« Nécessaire distinction »
Isabelle Gosselin, sa compagne et mère de Marc, est reconnue coupable de complicité d'actes de barbarie et de privation de soins à son enfant. Elle est condamnée à trente ans de réclusion, là où l'avocat général avait requis la perpétuité.
Les parents d'Isabelle Gosselin, le beau-frère de David Da Costa et sa compagne sont pour leur part condamnés à 3 ans de prison avec sursis, tandis que l'assistante maternelle qui avait raccroché après avoir téléphoné à l'enfance en danger est condamnée à un an avec sursis. Les médecins sont aussi reconnus coupables de non-assistance à personne en danger (ci- dessous).
Me Simonneau, un des défenseurs d'Isabelle Gosselin, estime « avoir réussi à faire entendre à la cour la nécessaire distinction à faire » entre cette dernière et David Da Costa. L'avocat évoque « une peine d'espoir : un jour, elle sortira, elle recommencera sa vie. Mais plus jamais on n'entendra parler d'elle ». Me Berton, défenseur de David Da Costa, est sorti tard de la salle d'audience, pour faire face au mur de caméras et de micros. « J'ai le sentiment que, même si c'est une peine perpétuelle, c'est aussi une peine d'espoir, car il aura la possibilité de la purger ». La réclusion criminelle à perpétuité, sans peine de sûreté, qui a été prononcée par les jurés à l'encontre de David Da Costa n'est en effet pas « éternelle » : les condamnés à perpétuité sont libérables au bout de 18 années purgées, et de 22 années pour les récidivistes.
« Que l'"ogre" disparaisse »
Me Reisenthel, l'avocat de François, le frère du petit Marc, s'apprêtait pour sa part, à la sortie de l'audience, à annoncer les peines prononcées à son très jeune client. « François voulait que l'"ogre" disparaisse de sa vie. C'est chose faite », commente Me Reisenthel. « Sa mère a été écartée de sa vie, Da Costa a été écarté aussi, (François) peut donc désormais faire confiance au monde des adultes », ajoute encore l'avocat, qui approuve également la condamnation des grands-parents dont il évoque « la désinvolture ». Une partie de sa fa- mille dont le jeune François « ne veut plus entendre parler », affirme encore Me Reisenthel. « Faire confiance au monde des adultes », une gageure après ces dix jours d'audience.