Mort du petit Marc : perpétuité requise pour la mère et le beau-père

Ecrit par Julien Carpentier
Dans l'affaire du petit Marc, l'avocat général Luc Frémiot a requis la réclusion à perpétuité pour la mère et le beau-père de l'enfant, hier, et des peines de deux et trois ans de prison avec sursis pour les sept autres personnes jugées pour la mort de l'enfant, le 25 janvier 2006, à Auby.

« Écoutez le silence ! C'est le procès du silence où coexistent les sourds, les aveugles et les muets ». Plus qu'un réquisitoire, Luc Frémiot livre un prêche exalté devant la cour réunie depuis dix jours. Dix jours d'une « grand-messe judiciaire à la mémoire d'un petit garçon mort d'avoir été oublié ». Grand-messe ? Le vocabulaire est là : « Le calvaire du Christ, c'est une promenade de santé à côté de ce qu'a vécu Marc » ; David Da Costa, c'est « Goliath qui a tué David ». Les photos ne sont plus que mauvais souvenirs, voici le temps des phrases chocs.

« Praticien irresponsable ? »
David Da Costa ? « Il s'est retranché de la communauté des hommes. (...) Vous êtes un tueur parce que vous avez tué Marc, sa mère, ses grands-parents, ses oncles et ses tantes. (...) Da Costa, c'est une violence qui ricoche à l'infini et qui tombe sur un enfant. » Isabelle Gosselin ? « Pas de mots pour la qualifier. Je ne comprends toujours pas : une mère est là et regarde son fils mourir. » Il requiert la réclusion à perpétuité pour le couple. Aucune réaction. L'image religieuse se heurte souvent au vocabulaire médical. Changement de registre, alors. Le médecin Christian Tirloy devient « le Lucky Luke de la profession (qui) dégaine un diagnostic plus vite que son ombre ». « Si vous aviez fait le minimum syndical, vous auriez vu qu'il avait les côtes cassées », lui lance Luc Frémiot. Pour Michel Vellemans, l'autre généraliste, l'avocat général hésite : « Êtes-vous un praticien irresponsable et dangereux, ou un escroc à la CPAM ? » Toujours cette éventualité que le médecin ait pu signer un certificat le 17 janvier sans voir l'enfant... Il requiert trois ans de prison avec sursis et 75 000 euros d'amende pour « taper là où ça fait mal ».
Même peine de trois ans avec sursis contre les grands-parents (« qui ont eu comme seule faute de croire leur fille » selon Me Cockenpot) et les oncle et tante (« victimes d'une supercherie », selon Me Lambert).
Peine plus clémente (deux ans avec sursis) requise contre l'assistante maternelle qui « a serré l'enfant dans ses bras » selon Luc Frémiot : « Elle se reproche de ne pas avoir compris », plaide Me Joseph, son avocat. Tous réclament la relaxe. Comme M' Potié, avocat du Dr Tirloy : « Est-ce que nous sommes convaincus que les médecins ont fait ce qu'il fallait ? Non. Ils se sont trompés, ils ont commis une erreur de diagnostic : c'est fautif ? » Il reste aujourd'hui à entendre les plaidoiries de l'avocate du Dr Vellemans et de ceux du couple. Verdict demain.