Mort du petit Marc : David Da Costa n'a jamais voulu le tuer

Ecrit par Julien Carpentier
Dans l'affaire du petit Marc, mort des suites d'actes de barbarie le 25 janvier 2006 à Auby, le verdict est rendu aujourd'hui. Hier, les avocats du beau-père et de la mère de l'enfant ont mis en garde les jurés contre « la dictature de l'émotion ».

On a encore entendu parler des médecins, hier. Comme si le procès n'avait tourné qu'autour d'eux. Me Cohen-Saban, l'avocate de Michel Vellemans, le médecin qui avait vu ou pas (on en restera là) Marc le 17 janvier 2006, défend la thèse selon laquelle l'enfant n'était pas « comme sur les photos » quand le généraliste l'a vu... ou pas. « Pour qu'il y ait non-assistance à personne en péril, il faut que la personne ait conscience du péril, lâche l'avocate. Ce n'est pas ce qui caractérise une faute, une erreur de diagnostic. »
Une semaine avant la mort de Marc, Michel Vellemans a donc fait soixante-six consultations et... « une erreur de diagnostic ». Point.

L'avocat qui pleure
Les regards se tournent vers le box. Me Berton noircit des pages entières en préparation de sa plaidoirie pour David Da Costa quand Me Simoneau, l'un des avocats d'Isabelle Gosselin, prend la parole : « Isabelle n'est pas aussi coupable que Da Costa, assène-t-il. Elle ne frappait pas ses enfants. Elle n'a pas réagi, c'est là qu'elle est coupable, c'est là que notre incompréhension se pose. » Sempiternelle incompréhension. Me Denis et Me Gribouva n'ont pas non plus les clefs que tous cherchent : « Elle n'était pas armée psychologiquement. Elle était dans l'oeil du cyclone », poursuit Me Gribouva. « Si on condamne Isabelle Gosselin à la perpétuité, ça veut dire qu'elle représente un danger et qu'elle ne doit plus ressortir... mais quel danger ? » Il s'effondre en pleurs. A bout de nerfs après presque trois ans de procédure et un procès qui laisse des traces. Le huitième juré s'effondre lui aussi, victime d'un malaise. Emmené par les sapeurs-pompiers (c'est la troisième fois qu'ils interviennent en dix jours), il est remplacé par l'un des quatre jurés supplémentaires et la justice suit son cours.

« David Da Costa ne demande rien ! » Cette fois, ce sont Me Berton et Me Théry qui parlent et s'élèvent contre « la dictature l'émotion ». Pour eux, le réquisitoire (notre édition d'hier) éte « un appel à la vengeance ». Ils s'expliquent : « David Da Costa est le seul à avoir parlé et assumé, martèle Me Théry. La mort de Marc, c'est la rencontre d'un homme prisonnier de ses démons et d'une femme égoïste qui a sacrifié sa chair. »
Ils se battent conte la perpétuité, cette peine qui consiste à « emmurer quelqu'un vivant » :« Nous ne sommes pas poursuivis pour l'assassinat ou meurtre d'un enfant, lance Me Berton. Jamais David Da Costa n'a voulu tuer Marc ! Il a reconnu les faits et vous voulez lui enlever , le rêve du pardon ? »
Verdict dans la journée.