Le bourreau du petit Marc condamné à la perpétuite
Ecrit par Franck Antson
TOUS COUPABLES. La Cour d'assises du Nord a rendu hier son verdict dans le procès du calvaire du petit Marc, 5 ans, mort sous les coups à Auby (Nord) en janvier 2006. David Da Costa, son beau-père, a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir infligé des sévices répétés à cet enfant. La mère, Isabelle Gosselin, qui a demandé une dernière fois «pardon » de n'avoir pas protégé son fils hier matin, échappe à la peine maximale (réclamée par l'accusation) et se voit infliger trente ans de réclusion pour complicité.
A part pour cette femme, se disant « sous l'emprise » de son compagnon toxicomane, les jurés ont globalement suivi les réquisitions de l'avocat général, qui avait dénoncé « le procès du silence où cohabitent les sourds, aveugles et muets ».
Poursuivis pour « non-assistance à personne en danger », deux médecins généralistes sont condamnés à trois ans de prison avec sursis et des amendes de 75 000 et 60 000 €. « C'est une décision fondée sur l'émotion. Ces médecins ont fait une erreur de diagnostic qui n'était pas fautive », s'est indigné Me Vincent Potier, leur avocat. Ces généralistes, dont l'un exerce toujours près de Douai, avaient reçu l'enfant quelques jours avant sa mort et n'avaient pas décelé d'actes de maltraitance. Les proches, les grands-parents, le frère et la belle-soeur de David Da Costa, le « bourreau », écopent également de trois ans de prison avec sursis. Ils avaient vu ce petit garçon boitillant et couvert d'hématomes et n'ont pas donné l'alerte, « trompés » par la mère, qui avait parlé d'automutilation. L'assistante maternelle, amie de la mère, qui avait failli appeler SOS Enfance maltraitée, écope d'une peine d'un an avec sursis.
Il disait mériter « la peine de mort »
L'avocat de Frédéric*, le grand frère de Marc, âgé de 10 ans, qui avait échappé aux coups et dont le témoignage a bouleversé toute la salle d'audience, estime que ce verdict «va calmer sa colère » : «Tout ce que voulait Frédéric c'est que l'ogre disparaisse, que sa mère soit écartée au moins provisoirement de sa vie, souligne Me Alain Reisenthel. C'est important que tout le monde soit déclaré coupable, il aurait fallu un simple coup de fil pour sauver cet enfant »
A l'énoncé du verdict rendu au terme de six heures de délibérations, les accusés sont tous restés figés. Mais Isabelle Gosselin est apparue presque « soulagée », selon son avocat que la cour ait fait une distinction avec l'auteur des coups mortels. « Elle a tout perdu, elle se sent coupable, mais elle n'a pas frappé son enfant c'était bien de l'admettre », a expliqué Me Philippe Simoneau. David Da Costa, sous l'influence de la drogue et de l'alcool, frappait régulièrement jusque dans les parties génitales, le petit Marc à qui il a fait subir des tortures « dignes de la Gestapo », avait relevé l'avocat général, Luc Frémiot Durant le procès, il a reconnu sa culpabilité en disant mériter « la peine de mort» mais sans réellement s'expliquer sur son geste. « La peine est perpétuelle mais elle n'est pas sans espoir», a admis MeFranck Berton, son avocat relevant le fait qu'il n'y a pas de période de sûreté. Seuls les deux médecins veulent se donner un délai de réflexion quant à un éventuel appel. « Un nouveau procès ce serait encore une épreuve pour Frédéric*. A un moment donné, il faut savoir faire preuve de dignité et accepter une condamnation », ont noté les parties civiles.
* Le prénom du mineur a été modifié.