Elle n'a pas su dire l'essentiel

Ecrit par Julien Carpentier
Au terme de la première journée d'audience, Isabelle Gosselin s'est entendu dire qu'elle était « une bonne mère ». Une mère qui a pourtant trompé son entourage en parlant de l'automutilation de son enfant.

Les faits qui sont reprochés à David Da Costa et Isabelle Gosselin n'ont pas été évoqués hier, mais sont déjà sur toutes les lèvres. Comment cette mère, cette ancienne nounou, cette employée de cantine scolaire qui dit avoir « construit (sa) vie autour des enfants », a-t-elle pu ne rien dire et laisser le petit Marc subir son calvaire sans réagir ? Isabelle Gosselin a déjà un élément de réponse quand elle évoque l'emprise que David Da Costa avait sur elle, son « aveuglement », son bonheur d'être à nouveau amoureuse.

Car c'est de cette rencontre que tout le monde parle déjà. De cette rencontre à l'été 2005, au cours d'une soirée chez des amis... « Mon amie m'a dit que je plaisais à David Da Costa, que ça crevait les yeux, explique Isabelle Gosselin. Alors je lui ai parlé et je lui ai dit qu'il pouvait passer chez moi quand il voulait. Un soir, il est passé et il est resté. » Deux mois se passent où la nouvelle famille prend ses marques. « Il y a eu des fessées, M. Da Costa tapait sur les mains de Marc, mais c'est tout », raconte Isabelle Gosselin. Rien de très grave jusque-là.

Et puis Da Costa est placé en détention à Reims parce qu'il n'a pas respecté son contrôle judiciaire. Isabelle va le voir en détention, il sort de prison et son comportement change, selon elle.

« C'est une femme introvertie, quelqu'un de très renfermé, elle ne sait pas parler », analyse Me Philippe Simoneau, l'un de ses avocats. Elle évoque quand même immédiatement l'automutilation quand les premières questions se posent sur l'état de santé du petit Marc. « Mais au départ, elle croit à l'automutilation !, ajoutent Mes Xavier Denis et Pierre-Jean Gribouva. Elle revient de vacances et Da Costa lui dit que Marc s'automutile. Elle le croit ! » C'est pourtant une réponse qui devient un terrible mensonge au fil des jours. « Elle n'a pas su dire l'essentiel, résume Me Simoneau. Mais est-ce que le fait d'aller chez le médecin n'est pas une façon pour elle de dire :"Faites quelque chose" ? »