Affaire du petit Marc : ils l'ont vu pendant son calvaire et pourtant...
Ecrit par Julien Carpentier
Hier, la cour d'assises du Nord a examiné les faits reprochés aux personnes qui ont vu le petit Marc, mort le 25 janvier 2006 à Auby, durant son calvaire. Toutes ont vu des traces de coups, se sont posé des questions... mais aucune n'a donné l'alerte.
La justice leur reproche de ne pas avoir signalé les violences alors que l'enfant portait déjà des traces de coups quand elles l'ont vu. Il y a là Bruno Da Costa et sa concubine Patricia Dhaussy (l'oncle et la tante), Yves et Marie-Thérèse Gosselin (les grands-parents maternels) et Floriane Galan, une assistante maternelle amie d'Isabelle Gosselin. Cinq prévenus pour une même interrogation : pourquoi n'ont-ils pas tiré la sonnette d'alarme ?
Floriane Galan adorait Marc et avait la plus grande confiance en Isabelle Gosselin. Jusqu'à sa rencontre avec «ça». David Da Costa, son expérience de femme battue l'a alors rattrapée et elle a tenté de mettre en garde son amie. « J'avais peur pour Isabelle », pas pour Marc qu'elle voit le 3 janvier avec ces bosses et cette morsure sur le visage. Ce jour-là, elle demande des explications à David Da Costa qui lui dit que l'enfant se mutile. Floriane Galan n'est pas convaincue par ces réponses et se décide à en parler...
« J'ai demandé le numéro d'Enfance maltraitée mais pas pour de la maltraitance ! Parce que je ne supportais pas que Marc se fasse mal lui-même. » Patatras. Elle compose le numéro, on décroche au bout du fil... mais elle raccroche.
Yves Gosselin, le grand-père, a cru bien faire, lui, en allant déposer une main courante au commissariat le 17 janvier : « Mon petit-fils s'inflige des blessures, dit la main courante, dans le seul but d'ennuyer sa mère (...). Un rendez- vous a été pris ce jour pour régler ce problème ». Ce jour-là, aucun rendez-vous n'a été pris, Marc « avait les joues gonflées, les yeux tirés et la lèvre fendue ». « Et ça vous paraît crédible qu'il se fasse ces coups-là ? », assène Luc Frémiot, l'avocat général. « Non ».
Défiguré
L'oncle et la tante n'ont rien dit non plus. Ils se sont posé des questions le 20 janvier après avoir vu Marc, complètement amorphe dans le canapé de leur salon. L'enfant était défiguré, il faisait pipi sur le fauteuil mais... rien. « J'ai vraiment pensé qu'il était tombé dans l'escalier », déclare Patricia Dhaussy. Le président Gasteau tente d'en savoir un peu plus. Le couple se contente des explications de la mère et du beau-père : la chute dans l'escalier, l'automutilation, le dédoublement de personnalité. Des mensonges. « Qui croire ? Je n'ai pas osé demander, reconnaît Marie-Thérèse Gosselin, la grand- mère. J'ai jamais cru que j'avais une salope de fille comme ça. »