Affaire de Villers-au-Tertre : « Nous n'imaginons pas aller aux assises »

Il faudra attendre le 7 octobre. Hier matin, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Douai a examiné la demande de constatation de la prescription des faits d'homicides reprochés à Dominique Cottrez, après la découverte, en juillet 2010, de huit cadavres de nouveau-nés à Villers-au-Tertre (Douaisis).

L'audience, qui a duré près d'une heure, a donné le sourire à Me Frank Berton et à Me Marie-Hélène Carlier, les avocats de Dominique Cottrez : « Nous n'imaginons pas aller devant une cour d'assises. » Au terme d'un débat « très juridique », mené à huis clos et en l'absence de la mère infanticide présumée, la chambre de l'instruction a entendu les avocats de la défense réclamer « l'application de la loi » sur la base des résultats des expertises toxicologiques (l'analyse des médicaments que prenait Dominique Cottrez en marge de ses grossesses) ordonnées par la juge d'instruction, Céline Marilly.

Plus de dix ans

« L'accusation doit constater la prescription des sept premières naissances, martèle Me Berton. Pour la huitième, il n'y a aucun élément qui nous donne avec précision sa date. » Pour qu'il y ait prescription dans ce dossier criminel, il faut que les naissances remontent à plus de dix ans avant la découverte des premiers corps, soit avant la date clé du 24 juillet 2000. « Les sept premières naissances sont d'avant mai 2000, poursuit Me Berton.

Pour la huitième, un complément d'expertise avait été demandé par la juge. » Il a été rendu il y a une dizaine de jours et, selon les conclusions de l'expert, le huitième bébé est né entre « quelques jours après le 9 juin 2000 et la mi-octobre 2000 ». Pour que le meurtre de ce dernier bébé soit jugé, il faudrait que l'enfant soit né entre le 24 juillet 2000 et cette limite de « la mi-octobre 2000 ». Ce dont personne n'est sûr. « Le parquet général est incapable de dater, sa position n'est pas crédible », assène Me Berton.

La chambre de l'instruction se prononcera le 7 octobre et les avocats de la défense ont bon espoir que sa décision débouche sur un non-lieu avec, dans la foulée, une remise en liberté de leur cliente. « Nous en ferons la demande après », assure Me Carlier. Dominique Cottrez serait donc libre de retrouver son mari, Pierre-Marie, dont la demande de mise en examen (pour recel de cadavres et non-dénonciation de crimes), déjà rejetée quatre fois par la juge, sera examinée le 28 octobre, elle aussi par la chambre de l'instruction.