Deux acquittements, du sursis et du ferme pour l'affaire de Bully
La souffrance est un terme qui revient sans cesse dans cette affaire de viols, agressions sexuelles et diffusion de photographies, qui s'est déroulée à Bully-les-Mines le 30 avril 2006. Souffrance de la victime d'abord. Souffrance des familles également, celle de la victime, celles des accusés. L'affaire (voir nos édition précédentes) vient d'être jugée aux assises.
Dans le box des accusés, ils sont sept jeunes gens âgés de 18 à 29 ans au moment des faits, dont une jeune femme.
Cette soirée-là , au retour de boîte de nuit, ils poursuivent la soirée chez Frédéric Teixeira. La victime les accompagne avec quelques amis. Tous ont bu plus que de raison, certains ont pris des stupéfiants. « S'il n'y a pas d'alcool, pas de drogue et pas d'effet de groupe, il n'y a pas de crimes », lâchera Me Dupond-Moretti.
Les crimes, ce sont des viols dont aurait été victime la jeune femme. Frédéric Teixeira reconnaîtra avoir introduit un objet dans son sexe, alors qu'elle était inconsciente, après avoir trop bu. Le jury a tranché : il a été condamné à six ans d'emprisonnement.
Un jeu stupide et sordide
C'est par un jeu sordide qu'a débuté cette soirée : le premier qui sombre, on le bizute ! Il y en a bien un qui s'est endormi avant la victime, mais c'est Arnaud Femery, un solide gaillard. « C'était bien moins risqué de s'en prendre à la victime qui n'avait que dix-sept ans et demi au moment des faits ! », lance l'avocat général. Pour avoir pris des photos de la victime au terme de cette soirée et les avoir montrées, ce « solide gaillard » a été condamné à quatre mois de prison.
Quant à K. H. qui aurait dessiné une barbe avec de la chantilly sur le visage de la victime et l'aurait aspergée de farine, il a été condamné à un an de prison avec sursis, tout comme J. H., qui aurait pris une photo. C. G. et la jeune femme, C. S., qui ont laissé faire, ont été acquittés.
Tous étaient également poursuivis pour ne pas avoir porté assistance à la victime. « Vous avez disposé de son corps, s'agace Me Berton, conseil de la partie civile. Puis vous l'avez remisée là -haut dans une chambre. » C'est dans cette chambre que la jeune fille s'est réveillée. « J'étais nue. M. Dotkowski était sur moi », répète-t-elle à la cour. « J'avais l'impression qu'elle était consentante », répète l'accusé. « àtait-il capable, vu son état, d'avoir une vision claire du consentement ou du non-consentement ? », poursuit Me Dupond-Moretti.Au terme de trois heures de délibéré, les jurés ont condamné Laurent Dotkowski à huit ans d'emprisonnement.