Un ancien restaurateur de Saint-Orner jugé pour viols sur une apprentie

Ecrit par Romain Douchin
Les faits qui valent à Marc Bonnet, un ancien restaurateur de Saint-Omer de 34 ans, d'être jugé à huis clos depuis hier et jusqu'à demain par la cour d'assises du Pas-de-Calais, remontent à sept ans. Une apprentie, âgée de 17 ans à l'époque, l'accuse de l'avoir contrainte à des relations sexuelles en abusant de sa qualité de patron. Lui nie. Une lettre anonyme a provoqué un rebondissement.

Cette lettre, Pascal Marconville, procureur de la République de Saint-Omer, l'a reçue en juin. Son auteur, marqué par l'affaire d'Outreau écrit-il, indique que la victime lui aurait révélé qu'elle a inventé toute l'histoire.. Aussitôt, le procureur a intimé qu'une enquête soit menée pour remonter la piste du corbeau. « Cela n'a rien donné, précisait-il hier. C'était comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Les résultats de cette enquête ont tout de même été versés au dossier. » Ce dossier justement n'en est pas à son premier rebondissement. Instruit dès son origine en 1999 par Hélène Burgaud — l'épouse du juge Fabrice Burgaud — la- quelle était alors en poste à Saint-Orner, il s'est soldé en 2004 par un non-lieu. La juge qui avait pris le relais estimait que les charges pesant sur l'ancien restaurateur étaient insuffisantes pour le renvoyer devant la justice. Sauf que le parquet de Saint-Omer a fait appel, que la chambre de l'instruction a réexaminé l'affaire et a décidé un renvoi devant les assises. Marc Bonnet est accusé de viols. Il risque jusqu'à vingt ans de réclusion. Son avocat, Frank Berton, va plaider l'acquittement.

Hier après-midi, au premier des deux jours et demi de procès dont le verdict est attendu demain soir, la présidente a prononcé le huis clos total comme l'avocat de la victime en avait fait la demande. Cela a provoqué l'ire de Frank Berton. Ce dernier a parlé du huis clos comme d'une « disposition hérétique de la loi ». Il a aussi pointé la « contradiction » de la demande de son confrère qui s'est « acoquiné » avec une association qui lutte contre les violences faites aux femmes, également partie civile, dont « le but est de médiatiser son action ». Mais le public et les médias ont été invités à quitter la salle.