Une « fatwa » contre la décision de la cour d'appel de Douai !
Ecrit par Dider Specq
La bataille juridique autour de l'incinération d'un « musulman » continue
Décidément, cette polémique sur, une éventuelle incinération du corps d'un citoyen français d'origine nord-africaine prend des proportions inhabituelles.
Hier, matin, les pompes funèbres, qui devaient procéder à la mise en bière puis à l'incinération dans l'après midi du corps d'Amar Bergham, un lillois âgé de 56 ans, n'avaient toujours pas agi. Un fax des pompes funèbres, parvenu hier matin au cabinet de Maître Berton, qui défend les enfants majeurs d'Amar Bergham, expliquait que, sur l'intervention du procureur de la République, on avait demandé de retarder la mise en bière et la crémation prévue dans l'après midi.
Vers 16h, on apprenait que Jeanine Escande, la conseillère municipale déléguée, retardait elle aussi prudemment l'incinération jusqu'à nouvel ordre. Maître Berton tempêtait : « Depuis quand, dans un état laïc, peut-on se mettre en travers de trois décisions judiciaires sous la pression de religieux musulman ? »
Nouvel appel ?
Maître Labbée, toujours en présence d'Amar Lasfar, le recteur de la mosquée de Lille-Sud , produit une attestation de la ligue islamique du Nord. Dans le document versé aux débats, on y lit la position de l'islam sur les apostats (ceux qui renient leur religion) et l'enterrement religieux. On y ajoute : « Seule une autorité judiciaire musulmane dans un pays musulman doit définir et vérifier les causes de l'apostasie d'une personne. »
Maître Berton s'étouffe : « Qu'est ce que c'est que cet avis religieux ? Cette fatwa pour employer le terme exact ! Mon client est français, il est né à Montfermeil ! Et la mairie de Lille et le procureur n'appliquent pas la décision de la cour d'appel ? Mais, ou va-t-on ? ».
A 14 h, la présidente, alors que les débats ont été tés vifs dans la matinée, rend une décision similaire : priorité aux enfants directs.On donne donc raison à Maître Berton pour la troisième fois. Appel ? On ne sait pas encore. En tout cas, on sait que Maître Labbée, qui a envoyé samedi un avoué devant la cour d'appel qui était fermée, conteste fermement être hors délai.