La Cour de Cassation se prononce aujourd'hui

L'affaire de la crémation contestée d'Amar Bergham devient de plus en plus un fait de société. On se souvient que le français née à  Montfermeil, décédé à  56 ans le 13 mai dernier à  Lille des suites d'un cancer, n'a pas laissé de consignes écrites pour l'organisation de des funérailles.

Selon ses trois enfants majeurs, qui le visitaient régulièrement à  l'hôpital, Amar Bergham, devenu incroyant, voulait se faire incinérer. Or, selon son épouse séparée et en instance de divorce, Amar Bergham, toujours musulman selon elle, voulait être enterré dans un linceul blanc et la tête tournée vers la Mecque.

Maître Xavier Labbée, pour l'épouse, veut donc organiser un enterrement musulman. La présidente Martine Dagneaux, à  Lille, a donné raison à  Maître Berton qui défend Malik, Linda et Sabrina Bergham, ses enfants. En appel à  Douai, le président Bouly de L'Hesdin a botté en touche en estimant que l'appel de Maître Xavier Labbée était hors délai. Nouvelle contestation : après les plaidoiries hier, la Cour de Cassation va se prononcer aujourd'hui à  14h sur un pourvoi présenté par Maître Jean Philippe Duhamel qui intervient à  Paris pour Maître Labbée.
Seconde procédure : un référé d'heure à  heure (procédure d'extrême urgence) présenté par Maître Berton au tribunal administratif. Maître Berton veut casser en effet un arrêt municipal de la ville de Lille qui « suspend » les funérailles suivies d'une incinération.

« Intolérable pression »
« Intolérable pression des milieux musulman », accuse Maître Berton. « Prudence », la municipalité lilloise qui en accord avec le procureur et le préfet, souligne le caractère irréversible d'une crémation condamnée par l'islam. Ce référé a été finalement plaidé jeudi dernier.

Troisième procédure à  Lille hier matin : un référé de la maîtresse d'Amar Bergham était toujours musulman avant sa mort et que les trois enfants l'empêchent de récupérer divers objets personnels chez leur père. Des assertions vivement contestés, pour les enfants présents hier matin, par Maître Aurélie Deswarte, collaboratrice de Maître Berton. Le président Pierre Maitreau rendra sa décision dans quelques jours.

On ne sait toujours pas qui aura finalement raison : l'épouse séparée qui veut un enterrement religieux ou les enfants qui affirment vouloir respecter les dernières volontés de leur père. Mais une chose est sà»re : en attendant, les avocats travaillent beaucoup !