La cour d'appel de Paris privilégie le rite musulman
Ecrit par Jean Valbay
Amar Bergham, ce français d'origine algérienne décédé le 13 mai et dont la seconde épouse et les enfants nés d'un premier mariage se disputaient le corps pour savoir s'il serait incinéré ou enterré selon le rite musulman, sera en fin de compte inhumé.
La cour d'appel de Paris, par jugement de son premier président, en a ainsi décidé hier. Dans une décision de huit pages, le magistrat dit explicitement « que M.Bergham est de traditions musulmane ». Cette constatation s'appuie sur le fait « qu'il a vécu pendant huit en en Algérie au cours de son premier mariage avec une Européenne, que certains de ses frères et soeurs vivant en Algérie s'opposent à sa crémation, qu'il a épousé en 2004 une musulmane ».
Cette constatation s'appuie sur le fait « qu'il a vécu pendant huit en en Algérie au cours de son premier mariage avec une Européenne, que certains de ses frères et soeurs vivant en Algérie s'opposent à sa crémation, qu'il a épousé en 2004 une musulmane ». Bref, rien ne permet d'affirmer que l'absence de respect des obligations musulmanes est déterminante ».
Le jugement précise aussi « qu'à défaut d'accord entre les parties, Mme Ramdani (l'épouse) sera chargée d'organiser les funérailles ». Elle pourrait faire rapatrier le corps d'Amar Bergham en Algérie pour qu'il soit enterré selon le rite musulman.
Si Maître Xavier Labbée, l'avocat de l'épouse, se félicite de ce « jugement de sagesses car les médias avaient déjà jugé avant le tribunal », Maître Franck Berton avocat de ses trois enfants, s'indigne : « Ainsi donc quand naît musulman, cela rompt avec le principe de la laà¯cité, cela rompt le principe de la liberté de conscience et de culte, cela rompt avec les combats menés en faveur de l'intégration. »
Maître Berton a décidé à son tour de déposer un pourvoi en cassation en espérant que la Cour ira aussi vite que pour examiner celui déposé par Maître Labée pour Mme Ramdani. Fait exceptionnel, la Cour s'était réunie quatre jours plus tard, et après avoir annulé le jugement de la cour d'appel de Douai, qui autorisait la crémation, avait transmis le dossier à la cour d'appel de Paris.
Toutefois, ce recours, ne serait pas suspensif et le jugement de Paris peur dont être appliqué. Il ne semble plus que la mairie de Lille d'y opposera, comme elle l'avait fait la première fois pour la crémation en raison d'un litige. « Qu'aurait-on dit aujourd'hui, s'est exclamé hier le maire, Martine Aubry, si on avait autorisé cette crémation alors que le tribunal l'interdit ? A cette douloureuse affaire serait venu s'ajouter un drame. »