Incinération contestée à Lille : la cour d'appel de Paris saisi le dossier

Ecrit par Didier Specq
Ce dossier d'incinération contestée -révélé par Nord Eclair le 21 mai dernier- va entrer dans le livre des records ! Cette polémique sur l'organisation des funérailles, entre la femme séparée du défunt et les trois enfants de ce dernier, enregistre d'abord un afflux exceptionnel de procédures : une sur la crémation elle-même ; une autre où Maître Berton cherche à  casser, devant le tribunal administratif, un arrêté municipal lillois suspendant les funérailles et une troisième, révélée hier, concerne un référé (procédure d'urgence) à  Lille où la maîtresse du défunt fustige également l'attitude des trois enfants majeurs défendus par Maître Berton !

On connaît le fond de cette histoire qui défraye la chronique : Maître Xavier Labbée, au nom de l'épouse et soutenu par le recteur de la Mosquée de Lille-Sud, veut un enterrement dans les normes religieuses musulmanes tandis que Maître Berton, au nom des trois enfants majeurs, soutient qu'Amar Bergham, 56 ans, Lillois, citoyen français né en France, voulait être incinéré. La crémation est contraire à  l'islam mais Maître Berton et les enfants affirment que le père était devenu incroyant. Selon eux, sur son lit de mort, il aurait, oralement, fermement demandé l'incinération.

Hier, nouvelle surprise : en l'espace de quatre jours, la Cour de Cassation a infirmé l'arrêt de rejet pris à  Douai. En un mot comme en cent, le dossier principal va être rejugé très rapidement par la Cour d'Appel de Paris. Maître Jean-Philippe Duhamel, avocat à  la Cour de Cassation, nous expliquait hier : »Quatre jours, c'est un record absolu de rapidité ! Du jamais vu ! Le pourvoi en cassation concernant le dossier Metaleurop, par exemple, avait été examiné très rapidement mais en quatre mois tout de même ! ».

Vers l'épilogue ?

La Cour de Cassation estime que Maître Xavier Labbée a eu raison de désigner un avoué qui a constaté, par huissier, que la cour douaisienne était fermé le samedi. La thèse de Maître Labbée aurait donc dû être plaidée le lundi 23 et le président Bouly de l'Hesdin n'aurait pas d^u botter en touche en expliquant que c'était trop tard.

Rappelons que Maître Xavier Labbée interjetait appel -le délai est de 24 heures pour des funérailles contestées !- à  partir d'une ordonnance rendue à  Lille le vendredi 20 mai à  16h. Douai avait estimé que Maître Labbée aurait dû envoyer un fax. La cause défendue par ce dernier va donc être replaidée aujourd'hui à  Paris.

Chacun fourbit ses armes. Maître Berton posséderait plusieurs nouvelles attestations en sa faveur tandis que Maître Labbée s'apprête à  sortir le témoignage de la maîtresse, citée plus haut, qui affirme que le défunt, mort le 13 mai à  la clinique de la Louvière à  Lille, était resté musulman. Quant à  la contestation de l'arrêté de la mairie de Lille (qui interdit jusqu'à  nouvel ordre la crémation), on apprenait hier soir qu'elle serait examinée samedi matin devant le tribunal administratif de Lille. Bref, on s'achemine vers l'épilogue.