Après la suspension de la crémation par la mairie, en accord avec la préfecture et l'avis du procureur

La polémique enfle au sujet des funérailles d'Amar Bergham. Il y a quinze jours, jour pour jour qu'est décédé ce français de 55 ans d'origine algérienne. Mercredi, sa crémation a été suspendue par un arrêté de la ville de Lille, en accord avec la préfecture et l'avis du procureur de la République. Le jour même, le tribunal d'instance de Lille avait pourtant rendu la troisième décision de justice en faveur des enfants d'Amar Bergham. Ceux-ci, nés d'une première union âgés entre 22 et 26 ans, affirment que leur père désirait être incinéré. Son épouse, dont le défunt était séparé depuis 2003, conteste leur point de vue : son mari doit être inhumé selon les principes musulmans, dans un linceul et la tête tournée vers la Mecque. Les frères et sours du défunt sont rentrés d'Algérie pour défendre l'inhumation en vain.

« La dépouille d'Amar Bergham est prise en otage dans le cadre d'un conflit politique ! Je ne peux admettre que la ville de Lille décide de s'opposer à  l'application de trois décisions de justice ». Il envisage aussi de contester l'arrêté municipal devant le tribunal administratif. Messaoud Bourras, délégué régional du Mouvement des Maghrébins laïques de France, estime lui que la mairie « oublie que notre République est fondée sur la laïcité ».

Maître Labbée, l'avocat de l'épouse refuse d'intervenir dans le débat. Lundi, l'appel de la première décision favorable aux enfants avait été déclaré irrecevable pour une question de procédure : il aurait été posé trop tard. L'avocat s'est pourvu en cassation et attend la décision. A la mairie de Lille, on se défend de vouloir intervenir sur le fond : « la ville a suspendu la crémation mercredi dans l'attente de la décision de la cassation. Car la crémation est un acte irréversible. » Un appel à  la sérénité.