MANTEAU NOIR sur veste sombre et chemise blanche, l’homme écrase son énième cigarette et s’engouffre dans le palais de justice de Lille. Ici, on connaît bien Frank Berton, 43 ans, che- veux plaqués en arrière, grain de beauté sous l’œil droit. Logique, il attaque sa 16e année au barreau de Lille. Mais c’est la première fois que cet avocat de l’affaire d’Outreau revient plaider depuis le verdict du procès en appel. « Félicita- tions, maître ! », lance le policier à l’entrée. Me Berton remercie d’une poignée de main. Un, puis deux avocats lillois viennent le congratuler. « Ces gens étaient innocents. Je m’en serais difficilement remis s’ils avaient été condamnés », répond, modeste, le pénaliste qui a obtenu l’acquittement d’Odile Marécaux en première instance, puis de Franck Lavier. « C’était un combat collectif », insiste-t-il. Impli- qués dans une longue bataille, les avocats de la défense ont pris une part prépondérante dans l’issue heureuse de cette affaire si mal engagée.
« Nous étions des pestiférés »
Aujourd’hui, l’acquittement des treize accusés d’Outreau semble évident pour tout le monde, comme si les déclarer innocents avait été une formalité. C’est oublier que la défense s’est heurtée pendant l’instruction au mépris du juge Burgaud et de presque tous les autres ma- gistrats intervenus dans le dossier. « Nous étions des pestiférés, à l’instar de nos clients ac- cusés d’être d’odieux pédophiles », rappelle Me Hubert Delarue, désigné par l’huissier Alain Marécaux en novembre 2001.
Cet avocat d’Amiens bondit quand il entend que ses confrères et lui auraient contribué à sa- boter la procédure en menant une défense de rupture. « Sur trente-trois demandes d’actes, seules trois ont été accordées à la défense. On nous refusait tout, il était légitime que nous fas- sions appel à chaque fois », argumente Me De- larue. Demander au juge de se déplacer dans l’appartement de la tour du Renard, censé avoir abrité les orgies pédophiles, ou réclamer l’ex- pertise des comptes bancaires des supposés proxénètes n’avait pourtant rien de dilatoire. Les quelque 200 demandes de remises en li- berté montrent tout le mal qu’ont eu les défen- seurs à se faire entendre.
« Ces appels étaient aussi un moyen d’alerter la chambre de l’instruction sur les invraisem- blances du dossier et les dysfonctionnements. On se disait qu’elle finirait par intervenir ! », ajoute Me Berton. Or, pendant l’instruction, la défense a essuyé des revers. « Prétendre qu’on a
été léthargiques est indécent », tempête Me De- larue. Certes, tous les avocats n’ont pas lutté avec la même énergie, mais ces critiques sont caricaturales. « C’est une façon de diluer la res- ponsabilité des magistrats ou la manifestation de jalousies de confrères parisiens... », analyse Me Berton. Après le procès de Saint-Omer, plu- sieurs « pointures » ont essayé d’entrer dans le dossier. Seul le « Parisien » Jean-Louis Pelletier s’est associé au groupe des « provinciaux ».
Méprisés pendant l’instruction, les avocats, offensifs et solidaires, se sont rattrapés lors des deux procès qui ont révélé au grand jour la fail- lite d’Outreau. « Seules les audiences pu- bliques ont permis aux défenses de s’ex- primer », note aujourd’hui la Fédération nationale des jeunes avocats de France, qui dé- plore le manque de reconnaissance du rôle des avocats. Les félicitations de l’anonyme policier lillois n’en sont que plus appréciées.
Geoffroy Tomasovitch
Avocat d’Odile Marécaux en 2004 puis de Franck Lavier en 2005, deux des treize innocentés d’Outreau, Me Frank Berton livre ses quatre années de combat pour obtenir l’acquittement de ses clients.
- Comment l’affaire d’Outreau a-t-elle commencé pour vous ?
- Frank Berton.En 2001, le 15 novembre, une avocate de Boulogne-sur-Mer m’appelle. Elle m’a recommandé auprès d’une amie, Odile Marécaux, interpellée la veille à Wirwignes (Pas-de-Calais) avec son mari huissier dans le cadre de l’affaire d’Outreau. L’avocate me dit : « C’est absolument impossible qu’Odile ait violé des enfants, elle est innocente. »
Vous intervenez dans l’urgence...
Odile Marécaux est présentée le lendemain au juge Fabrice Burgaud à 9 heures. Je passe me présenter au juge, c’est la première fois que je le vois, rien à dire. Après je me plonge dans le dossier, uniquement dans la partie concernant les « notables » : les déclarations d’Odile Marécaux, celles des enfants, de leur mère Myriam Badaoui... Ma cliente arrive. Elle a 34 ans, elle est infirmière dans un lycée. Je découvre une femme effondrée, épuisée par sa garde à vue. Elle est gênée, s’excuse pour sa tenue, elle qui, je le découvrirai plus tard, est si coquette. Je la rassure, lui demande si elle connaît les enfants qui l’accusent. Elle répond qu’elle n’est jamais allée à la Tour-du-Renard à Outreau, que c’est une histoire de fous. Elle pense que le juge va lui dire que c’est une erreur et qu’elle va rentrer chez elle.
« J’ai le sentiment que la décision était déjà prise »
Comment ça se passe chez le juge ?
Il y a Burgaud, deux policiers de la PJ et nous. Odile n’est pas menottée. Elle clame son innocence. Silence religieux du juge. Moi, je soulève les premières incohérences que j’ai relevées. Les gamins ne reconnaissent pas ma cliente sur photo, par exemple. Brisant le silence, le juge annonce à Odile qu’il la met en examen et qu’il a, côté procureur, des réquisitions de mandat de dépôt. Odile fond en larmes. Nous sortons. Elle me dit : « C’est foutu. »
- La tension devait être maximale ?
Oui. Avec un mauvais présage. Le procureur prend ses réquisitions debout, chose rare, ça m’a marqué. Il explique que la détention est nécessaire pour les besoins de l’enquête. Odile implore : « Je vous demande de me croire, je n’ai rien fait. » Moi, je plaide le placement sous contrôle judiciaire. On ressort. Dans le couloir, les gars de la PJ ne se livrent pas, mais semblent prudents par rapport à cette affaire. Un quart d’heure plus tard, le juge des libertés et de la détention confirme le mandat de dépôt. Odile est prise de malaise. Témoin de cette scène déchirante, je suis persuadé que cette femme est innocente. Je n’oublierai jamais cette image. Vidé, j’ai le sentiment de n’avoir servi à rien, que la décision était déjà prise.
« Il était impossible d’instaurer un dialogue avec lui »

Saint-Omer (Pas-de-calais), le 2 juillet 2004. Odile Marécaux, au côté de Me Berton, vient d'être acquittée. Une victoire "gâchée par la condamnation" de six autres accusés, se souvient l'avocat.
- Que faites-vous les jours suivants ?
Je fais voyage sur voyage pour consulter le dossier. Très vite, je rédige un mémoire, le premier d’une longue série pour faire libérer ma cliente. Les incohérences s’allongent : l’un des enfants, confronté à la photo d’Odile, ne sait pas qui sait. D’autres affirment qu’elle ne faisait que regarder... Je souligne le caractère fluctuant des révélations de Badaoui. Quelques jours après ma désignation, j’ai réuni assez d’éléments pour sérieusement douter de la culpabilité de ma cliente. A chaque fois pourtant, la chambre d’instruction de Douai estime qu’il existe des charges extrêmement précises et concordantes contre Odile, qui aurait commis de multiples abus sexuels au sein d’un réseau de pédophiles organisé !
- Faire libérer votre cliente devient une priorité...
C’est LA priorité. Odile vit très mal sa détention, ses trois enfants lui manquent affreusement. Chaque semaine, je lui envoie des notes de synthèse. Elle y trouve les éléments de sa défense, ça l’aide à tenir le coup. Ma collaboratrice Aurélie lui rend visite, je vais la voir le samedi matin. A chaque demande de remise en liberté, Odile est présente. Je garde confiance, je me dis que je les aurai à l’usure. L’autre priorité est que ses enfants, qui ont été placés, reviennent vivre dans leur famille. Odile y tient plus que tout. C’est chose faite en février 2002. Un sacré ballon d’oxygène pour leur mère...
- A cette époque, que pensez-vous de cette affaire ?
Avec Hubert Delarue, l’avocat du mari d’Odile, l’huissier, on a la conviction que ça devient du délire. Dès janvier 2002, je découvre que le fils cadet de Badaoui a déjà menti, inventant avoir été violé par un homme en 1999 pour couvrir son père. Les médecins n’ont trouvé aucune trace de viols. Ça paraît suffisamment intéressant pour que la procédure soit versée à l’instruction. Le juge Burgaud s’en désintéressera toujours. Face au climat délétère, Hubert et moi nous demandons que l’affaire soit instruite par un autre juge que Burgaud. Le procureur général nous répond une semaine après, affirmant que personne ne remet en cause les magistrats ! Je me dis qu’ils sont devenus totalement autistes, enferrés dans leur histoire de réseau, qu’on ne nous entendra jamais. Par ricochet, ça tend mes relations avec le juge Burgaud, qui me refuse la copie intégrale du dossier.
- Quel souvenir gardez-vous du juge Burgaud ?
Celui d’un magistrat avec qui tout contact humain était impossible. Burgaud était « bunkerisé » dans son bureau, refusant de me rencontrer en dehors des convocations. Il était impossible d’instaurer un dialogue avec lui, ce qu’on fait habituellement avec les juges d’instruction. J’avais noté sa façon d’organiser les confrontations, toujours selon le même schéma défavorable aux mis en examen. Je n’attendais donc rien de la confrontation d’Odile Marécaux avec Myriam Badaoui, Aurélie Grenon, David Delplanque, les trois accusateurs.
- La confrontation a quand même eu lieu...
Oui. J’avais préparé 30 questions, je les ai posées. Au départ, Badaoui et consorts ont prétendu qu’Odile avait participé une dizaine de fois aux orgies sexuelles. A la fin, ce n’était plus qu’une fois. Quand ? En novembre 1998. Bonne réponse pour moi. A cette date, Odile était en vacances aux Antilles ! Burgaud, lui, reste taiseux. Il se contente d’acter, sans tirer la moindre conséquence. Odile est sortie plus furieuse qu’abattue ce jour-là.

Lille (Nord). Pour Frank Berton, les treize acquittements d'Outeau sont "une victoire collective et par-dessus tout une victoire contre l'injustice"
- Quelle sera votre plus grande satisfaction ?
La remise en liberté d’Odile, bien sûr, au bout de huit mois de bataille acharnée. Et, fin 2002, quand j’apprends que le procureur de Boulogne a requis un non-lieu pour ma cliente. Pour moi, c’est terminé. Heureux, j’appelle Odile : « Vous êtes totalement blanchie. » Son mari est toujours incarcéré, mais Odile passe malgré tout des fêtes de fin d’année géniales, soulagée d’un gros fardeau.
« Le simple dessin d’une araignée suffisait à faire des enfants des victimes d’abus sexuels ! »
- Votre plus cruelle déception ?
En mars 2003, quand le successeur de Burgaud (NDLR : le magistrat est promu à Paris en septembre 2002) renvoie contre toute attente Odile devant les assises. Ma cliente est anéantie, elle ne comprend pas comment un juge qui n’a pas procédé au moindre acte peut prendre une telle décision. Un revirement inconcevable. Odile était sortie de l’affaire et voilà qu’elle encourt vingt ans de prison. Elle a fait une grave dépression, avec une hospitalisation en psychiatrie. En mai 2004, Odile n’aborde pas le procès dans de bonnes conditions. Elle me répète : « Me Berton, vous dites toujours que ça va aller », mais elle n’a plus confiance en la justice.
- Que retenez-vous du procès de Saint-Omer ?
Ma cliente fait partie des « acquittables ». Mais les défenses vont se montrer solidaires. On a aussi senti la presse basculer assez vite, découvrant les délires de cette affaire. Ma satisfaction personnelle est d’avoir provoqué la chute de l’experte Gryson, la victimologue désavouée par la cour à cause de ses liens avec le conseil général, représentant les mineurs victimes. Avec ses méthodes, elle avait jugé tous les gamins crédibles. Le simple dessin d’une araignée ou d’une maison sans fenêtre suffisait à en faire des victimes d’abus sexuels ! Le week-end suivant, j’ai demandé à mes chtiots (NDLR : les petits dans le Nord-Pas-de-Calais) de prendre un papier et un crayon. Eh bien, mes enfants ont dessiné des araignées !
- Ce premier procès, avec ses sept acquittements, est aussi entré dans l’histoire...
Je me rappelle de l’audition du juge Burgaud. Je lui ai demandé s’il avait pris contact avec son successeur pour régler le dossier. Il m’a dit non. Soit sa réponse n’est pas la vérité, soit elle atteste d’une incroyable froideur. Il s’est présenté comme un technicien. OK, mais quel piètre technicien ! A Saint-Omer, l’acquittement d’Odile a été gâché par la condamnation des six autres. Je suis rentré chez moi au petit matin, groggy. Le lendemain, Me Dupont-Moretti et moi appelons la chancellerie. On demande à être reçus avec les acquittés et que la procédure d’indemnisation soit engagée. C’est oui tout de suite. L’affaire a définitivement changé de dimension.
- Mais vous êtes revenu en appel. Pourquoi ?
Réincarcéré après le verdict, Franck Lavier m’écrit : « Acceptez-vous de me défendre ? » J’ai dit oui immédiatement. Il n’a pas de quoi me payer, ça ne change rien. Comme Odile,Franck vit une terrible injustice. Ce gars n’a jamais vraiment été défendu, il n’a pas eu de chance avec les avocats. Les deux premiers se sont désistés, le troisième est tombé malade en plein procès. Et puis j’apprécie énormément Me Philippe Lescène, l’avocat de Sandrine Lavier. Ça me plaît de travailler avec lui. L’idée de défendre un couple, le seul encore intact de l’affaire, me plaît aussi. Pour l’appel, Hubert (Delarue) et son fils Julien seront là, Blandine (NDLR : l’avocate de l’abbé Wiel) et Dupont-Moretti aussi, j’ai envie de revivre l’aventure à Paris ! Je replonge. Ma femme, avocate, me comprend. Mes gamins moins...
- Quelles sont vos relations avec Franck Lavier ?
On n’a pas de temps à perdre, Franck ne connaît pas son dossier. Il vient de Boulogne à Lille pour le lire, une fois tous les quinze jours. Il n’a pas de voiture, pas d’argent pour le train. Un coup, c’est Roselyne (NDLR : la boulangère acquittée) qui l’amène, un autre, son père. Pour moi, je repars presque de zéro. Lavier est le personnage de l’affaire que je connais le moins. Odile était extérieure à Ou-treau, Lavier, lui, vivait à la Tour-du-Renard. Odile était accusée par les enfants Badaoui, Franck l’est en plus par ses deux belles-filles. Et puis il a ce vocabulaire direct, peu châtié, qui l’a desservi à Saint-Omer. Il faut le canaliser, le préparer. Un gars jeune, attachant. On se tutoie vite.
« Qui ne s’est pas dit un jour : ce qui est arrivé à ces gens, ça aurait pu m’arriver ? »
- Vous menez d’autres combats en même temps...
Oui. Je fais tout pour récupérer les deux enfants Lavier pour lesquels Franck a été acquitté, Cassandra et Lucas. Il ne les voit qu’au compte-gouttes. La juge des enfants de Boulogne ne veut rien savoir. Ce qu’on a réclamé sans succès pour Cassandra et Lucas pendant dix-huit mois, on l’obtiendra en quelques heures le lendemain du verdict de Paris, c’est vraiment scandaleux ! Je me bagarre aussi pour qu’on autorise mon client à vivre avec sa femme, ce que lui interdit son contrôle judiciaire, encore un cadeau empoisonné de Saint-Omer. Bien sûr, Sandrine et Franck se voient quand même (NDLR : le couple conçoit un enfant entre les deux procès), mais mon client prend des risques. Je plaide deux fois devant la chambre d’instruction à Paris. L’avocat général Bilger se dit favorable à ma demande. Mais elle est refusée !
- Que pouvez-vous dire de ce second procès ?
Tant de choses... Mais rendons honneur à Franck. Juste avant son interrogatoire, je lui ai dit : « Maintenant, c’est à toi de jouer. » Il a fait une super prestation. Franck a montré qu’il aimait sa femme plus que tout au monde, avec ses mots à lui, authentiques. Un jour, il a scotché les jurés en déclarant : « Sandrine, elle a un cœur plus grand que la salle d’audience. » Il y eut aussi la déposition de sa belle-fille Stéphanie qui a maintenu des accusations folles. Un moment très douloureux pour Franck. Je l’entends encore me chuchoter, bouleversé : « Elle est démente. Que lui ont-ils mis dans la tête ? » Je l’ai vu pour la première fois pleurer.
- Il y a eu des coups de théâtre aussi...
Oui. J’avais versé aux débats des pièces que le juge Burgaud n’avait pas mises au dossier. Et j’ai découvert des choses à l’audience. J’ai appris par exemple que les déclarations de Stéphanie n’avaient pas été recueil- lies par une assistante sociale mais par une stagiaire ! La présidente de la cour a été remarquable. Sa technique pour recueillir la parole des enfants m’a impressionné. Sans elle, les ga- mins continueraient sans doute à ac- cuser le curé... L’avocat général, lui, a eu le mérite de rechercher la vérité.
- Regrettez-vous de ne pas avoir plaidé ?
Après le réquisitoire, une démonstration pour conclure que les accusés devaient être acquittés parce qu’ils étaient innocents, je n’avais plus grand-chose d’autre à ajouter. Avec Hubert et tous les autres, on a décidé de ne pas plaider. Une décision pas facile. Le soir, ça m’a travaillé. Je me suis dit que si par malheur Franck était condamné je m’en voudrais toute ma vie de ne pas avoir plaidé.
- Une frayeur balayée par le verdict...
Les jurés ont pris leur temps, mais je n’étais pas inquiet. Je savais que Franck serait acquitté, comme les cinq autres. L’énoncé du verdict restera longtemps gravé dans ma mémoire. La veille, la minute de silence en mémoire de François Mourmand, mort en détention, avait déjà été émouvante. Là, c’était exceptionnel. Tout le monde pleurait. Le lendemain, Franck et Sandrine récupéraient leur chtiots et six jours plus tard on était tous reçus à Matignon !
- Outreau va-t-il marquer votre carrière ?
Forcément, vivre cela pour un avocat, c’est exceptionnel. C’est une victoire personnelle, mais surtout collective et par-dessus tout une victoire contre l’injustice. Maintenant, il ne faut pas traîner et engager des réformes. Après, il faut revenir au quotidien du cabinet, plein de dossiers m’attendent. Mais Outreau va me marquer longtemps, sûr. Qui ne s’est pas dit un jour : « Ce qui est arrivé à ces gens, ça aurait pu m’arriver ? »
Propos recueillis par Geoffroy Tomasovitch